Qu’est-ce que la IWW aujourd’hui?

mai 11, 2012


Voici le texte que nous avons écrit pour le journal de la CLAC “Coup pour coup“, soit l’édition en vue du premier mai anti-capitaliste. Bonne lecture!

La IWW occupe une place importante dans l’histoire du syndicalisme nord­américain. C’est l’une des premières organisations ouvrières à avoir pratiqué le syndicalisme de type industriel*. C’est aussi l’un des seuls syndicats à avoir refusé le compromis social et à avoir continué à promouvoir l’action directe et la grève générale et ce, toujours dans une perspective de renversement révolutionnaire du capitalisme tel qu’établi dans ses principes fondateur en 1905.

Les livres d’histoire ouvrière ne parlent par contre pas ou presque pas de la IWW après la sévère vague de répression qui la brisa presque complètement en 1920. L’activité de la IWW fut effectivement moins remarquée jusqu’à sa renaissance à l’aube du 21e siècle.

Les militant­e­s de la IWW travaillent aujourd’hui à la construction d’un modèle syndical basé sur la solidarité de la classe ouvrière qui saura lutter avec efficacité contre le patronat. Le syndicalisme de solidarité se caractérise aujourd’hui par la lutte directe dans les milieux de travail, par exemple dans les cafés Starbucks aux États­Unis où des améliorations ont lieu même en l’absence d’une accréditation syndicale conférée par l’État. C’est d’ailleurs cette campagne qui a souligné la renaissance de la IWW. La IWW participe aussi à mettre sur pied des réseaux de mobilisation éclair sur les lieux de travail ou de résidence des patrons en solidarité avec des travailleurs et travailleuses victimes de vols de salaire.

Au Québec, la IWW a fait une première apparition infructueuse en 2001 pour finalement voir un deuxième groupe plus stable prendre le relais en 2008. C’est par contre la première vague de 2001 qui établi la version francophone du nom du syndicat : le Syndicat Industriel des Travailleurs et Travailleuses (SITT).

Après une tentative infructueuse d’accréditation dans un Starbuck de la ville de Québec, la branche montréalaise a décidé de ne plus se lancer dans des campagnes d’accréditation pour adopter le modèle de lutte proposé aux USA, le syndicalisme de solidarité. Elle organise aussi un réseau de solidarité appelé Réclame ta paye ! dont le but est de contrer les vols de salaires par les patrons grâce à la mobilisation. Cette campagne a déjà réussi à récupérer près de 2000$ lors de deux réclamations de salaire : une contre la compagnie de décoration Plus que Noël et l’autre contre un Pizzédélic.

Globalement, la présence de la IWW se fait principalement sentir aujourd’hui aux USA. Par exemple, lors de la lutte ouvrière au Wisconsin au printemps 2011 contre un projet de loi qui s’attaquait directement aux droits de négociation collective des employés de l’État, les militant­e­s de la IWW ont promu avec énergie l’idée de la grève générale comme moyen de gagner la lutte. On a pu aussi voir des militants et militantes aller rejoindre le mouvement Occupons Wall Street dans différents endroits.

Dans le cadre de la lutte anti­capitaliste mondiale, la IWW se distingue des autres organisations par sa proposition de lutter directement sur les lieux de travail avec des principes révolutionnaires et de lutte de classe. Alors que les manifestations des sommets économiques se font sévèrement réprimer, il peut être intéressant d’amener la confrontation directe sur les lieux mêmes où se reproduisent les injustices, nos lieux de travail. En effet, l’angle­mort de la démocratie bourgeoise n’est­il pas l’exploitation économique de la force de travail des travailleurs et travailleuses et le contrôle des moyens de production et de distribution par les intérêts et institutions capitalistes d’État ou privés.

L’adhésion à la IWW est garante d’une solidarité directe par les autres membres et se fait sur une base individuelle pour ceux et celles qui adhèrent aux principes fondateurs : « La classe patronale et la classe ouvrière n’ont rien en commun. Une lutte continuelle entre celles­ci aura lieu tant et aussi longtemps que les travailleurs et travailleuses ne s’empareront pas des moyens de production et vivront en harmonie avec la terre. »

* Le syndicalisme d’industrie, ou industriel, consiste à regrouper les travailleurs et travailleuses de différents corps de métiers en un seul syndicat qui les regroupe tous et toutes. Le syndicalisme d’industrie permet aussi de préparer les travailleurs à la gestion socialiste de la société, ce qui n’est possible que si les travailleurs et travailleuses de la base sont capables de connaître et de maîtriser réellement tout ce qui se passe sur leur lieu de travail. Le rôle du syndicat est de coordonner leurs efforts et de mettre en commun leurs connaissances pour réaliser cet objectif, ce qui est impossible avec le syndicalisme de métier et le syndicalisme d’entreprise. [Cette définition est inspirée de la définition donnée par les Comité Syndicalistes Révolutionnaires de la CGT.]


Mayday by Noam Chomsky

mai 6, 2012

originally published on Sunday, April 29, 2012, at Zuccotti Park Press

Noam Chomsky is a dues paying member of the IWW. This editorial is republished in accordance with “Fair Use” guidelines.

If you’re a serious revolutionary, then you are not looking for an autocratic revolution, but a popular one which will move towards freedom and democracy. That can take place only if a mass of the population are implementing it, carrying it out, and solving problems. They’re not going to undertake that commitment, understandably, unless they have discovered for themselves that there are limits to reform.

A sensible revolutionary will try to push reform to the limits, for two good reasons. First, because the reforms can be valuable in themselves. People should have an eight-hour day rather than a twelve-hour day. And in general, we should want to act in accord with decent ethical values.

Secondly, on strategic grounds, you have to show that here are limits to reform. Perhaps sometimes the system will accommodate to needed reforms. If so, well and good. But if it won’t, then new questions arise. Perhaps that is a moment when resistance is necessary, steps to overcome the barriers to justified changes. Perhaps the time has come to resort to coercive measures in defense of rights and justice, a form of self-defense. Unless the general population recognizes such measures to be a form of self-defense, they’re not going to take part in them, at least they shouldn’t.

If you get to a point where the existing institutions will not bend to the popular will, you have to eliminate the institutions. May Day started here, but then became an international day in support of American workers who were being subjected to brutal violence and judicial punishment. Today, the struggle continues to celebrate May Day not as a “law day” as defined by political leaders, but as a day whose meaning is decided by the people, a day rooted in organizing and working for a better future for the whole of society.

For a comprehensive collection of Noam Chomsky’s writings, see www.chomsky.info.


Le journal Industrial Worker d’avril est en ligne | April Industrial Worker is online!

avril 3, 2012
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À New York, des chauffeurs immigrants réclament la dignité et la fin des abus de leur nouvel employeur

mars 27, 2012

Le 7 mars 2012, les chauffeurs de la boulangerie Tom Cat, membres de la campagne Focus on the Food Chain, ont remis une Déclaration de Dignité aux représentants de la compagnie.

Voir plus de photos de l’évènement sur
la page Facebook de la campagne Focus on the Food Chain

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Écrit par Daniel Gross le 9 mars 2012
Publié le 11 mars sur iww.org
Traduit par “travailleurindustriel”

Des membres de Focus on the Food Chain qui travaillent pour la plus grande boulangerie industrielle de la ville de New York ont lancé une campagne le mercredi 7 mars. Celle-ci à pour but d’obtenir le respect des travailleurs puisque les nouveaux propriétaires de l’usine tentent agressivement de dégrader les conditions de travail. Les chauffeurs de l’entreprise Tom Cat Bakery, basée dans le quartier de Queens, sont forcés de travailler sous une administration très abusive et subissent la menace de voir leur assurance-maladie se dégrader de manière importante. Tom Cat Bakery est un important distributeur de pain artisanal pour les nombreux restaurants et détaillants d’aliments spécialisés de la région métropolitaine de New York.

Les travailleurs de Tom Cat Bakery, majoritairement des immigrants latino-américains, se sont rassemblés à Long Island City avec d’autres travailleurs et des étudiants venus les appuyer. Ces derniers font tous et toutes partie de groupes qui sont d’accord avec les revendications des travailleurs de Tom Cat Bakery. Parmi ces groupes on compte le comité de travail “justice pour les travailleurs immigrants” d’Occupy Wall Street, l’Alliance des travailleurs-travailleuses des chaines alimentaires (Food Chain Workers Alliance), les Journaliers Unis de Woodside (Jornaleros Unidos de Woodside), le Centre des Travailleurs-Travailleuses des Blanchisseries (Laundry Workers Center), le Centre des possibilités d’emplois en Restaurations de NewYork (the Restaurant Opportunities Center of New York) et les Travailleurs-travailleuses Domestiques Unis (Domestic Workers United).

Les travailleurs et leurs supporters ont marché ensemble vers l’usine où plusieurs chauffeurs ont lu et remis la Déclaration de Dignité. Celle-ci souligne les attentes qu’ont les travailleurs face à l’administration en ce qui a trait au traitement respectueux des employé-e-s, à une assurance-maladie familiale abordable et à l’équité du traitement pour tous les travailleurs-travailleuses. L’action fut un départ incroyablement inspirant pour la marche des travailleurs-travailleuses de Tom Cat Bakery vers la justice et représente le plus récent effort d’un mouvement grandissant visant à transformer les usines de transformation alimentaire et les entrepôts de distribution.

À New York, le secteur de la transformation alimentaire et de la distribution fourni un gagne-pain à plus de 35 000 travailleurs et travailleuses et à leur famille. Ce secteur reste pourtant de plus en plus caractérisé par un modèle d’affaire qui se base sur des emplois précaires et des traitements abusifs à l’égard de la force de travaille majoritairement immigrante. Focus on the Food Chain est une campagne qui fonctionne sur la base de l’adhésion individuelle des travailleurs et travailleuses de ce secteur. Ceux et celles-ci s’organisent dans le but de promouvoir de bons emplois et un système alimentaire local durable. Cette campagne est un projet conjoint des Brandworkers et des IWW de la ville de NewYork.

Les chauffeurs de Tom Cat ont besoin de votre appui dans leur lutte pour défendre leur dignité, contester les stratégies de l’industrie par actions privées, et créer un système alimentaire basé sur les droits humains plutôt que sur l’exploitation. S’il vous plait restez à l’affut des actions qui seront nécessaires dans le futur. Pour vous impliquer et leur venir en aide, envoyez un courriel à Joseph Sanchez à jsanchez [at] brandworkers.org.

Merci à vous pour tous ce que vous faites qui puisse aller dans le sens des droits humains et de la dignité humaine.


CKUT Labor Radio | Historian Peter Cole on IWW’s black leader Ben Fletcher, Local 8 and South Africa

mars 19, 2012


Listen to CKUT Labor Radio 12 minutes interview with Peter Cole, or listen to the whole one hour show.

February was Black History Month. For that reason, members of the Montreal IWW helped CKUT Labor Radio‘s host David Tacium to talk with history professor at Western Illinois University, Mr Peter Cole. Mr Cole is the author of Ben Fletcher: The Life and Writings of a Black Wobbly” about the IWW’s most famous black leader Ben Fletcher. Mr Cole also wrote a book called Wobblies on the Waterfront Interracial Unionism in Progressive-Era Philadelphia about the IWW branch Ben Fletcher was involved with : the Longshoremen Union “Local 8″ in Philadelphia in 1913.

During the interview, they also talk about the influence of the IWW in organizing black people in South African, a subject Mr Cole is studying now with the aim of writing a next book.

Peter Cole’s two books are available at the Montreal anarchist library L’insoumise on St-Laurent Street. The chapter 4 of Wobblies on the Waterfront, “War on the waterfront”, is also online here.

Read short presentation of Local8 and Ben Fletcher…

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DYNAMITE! Un siècle de violence de classe en Amérique

octobre 24, 2011

“Le polar est l’histoire de la criminalité et du gangstérisme, c’est-à-dire histoire de la violence obligée des pauvres après la victoire du capital. Vous croyez que j’exagère ? Lisez donc Dynamite, de Louis Adamic. On y voit lumineusement comment le syndicalisme américain s’est transformé en syndicalisme criminel quand la possibilité de la révolution a disparu et quand, par conséquent, la question n’a plus été que celle des fameuses ‘parts du gâteau’. On y voit comment des militants ouvriers radicaux ont pu devenir racketters et bootleggers puisqu’il n’y avait plus d’autre moyen de jouir.”
Jean-Patrick Manchette, octobre 1979
Citation tiré du site des éditions Sao Maï qui ont publié la traduction française du livre

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Revue du livre par l’UCL – Journal Cause Commune

« Monsieur le Président, il nous est désormais impossible de différer plus longtemps. Nous avons essayé de trouver une porte de sortie, en vain. Cette grève ne vient pas des dirigeants. Elle vient de la base syndicale. »
American Federation of Labour (AFL), 1919.

Les récents évènements – que ce soit la crise économique, le printemps arabe, les explosions sociales en Europe, les attaques contre le droit à la syndicalisation au Wisconsin ou les lockouts à répétitions – annoncent, pour la prochaine décennie, une période de luttes sociales et de violences de classes qui sera une lutte à la mort entre le capital et les travailleurs et travailleuses. Cette période de troubles à venir n’est pas sans rappeler le début du 20e siècle et son cycle de crise. Chaque variation quantitative du prolétariat amenait des attaques frontales du capitalisme auxquelles succédait inévitablement une radicalisation des syndicats, dont le membership était en explosion. Un superbe bouquin de Louis Adamic, relatant cette période, vient d’ailleurs d’être traduit en français.

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Starbucks Chile fined for anti-union practices

août 24, 2011

Hailed as “small victory” by union leader in wake of failed hunger strike.

“The ruling further stated that Starbucks Chile would have to pay a fine of around US$24,000, plus the costs of the trial. [...]

The company is in a position of privilege and power that manifests itself with higher intensity and has been far more invasive than any communique made by the union. [...]

The company’s alleged anti-union tendency which has been referred to in previously referenced documents and behavior constitute circumstantial evidence which presupposes that the company trains its managers to dampen union activity. [...]

The company’s aversion to unions was referenced by Giordano during a conversation with The Santiago Times in late July, when he claimed that Starbucks had hired 200 more baristas to compensate for the 200 who had been striking.”

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IWW-Londres|Récit et video de la victoire des nettoyeur-euse-s du Guildhall

août 16, 2011


Des nettoyeur-euse-s syndiqué-e-s avec les IWW sortent gagnant-e-s d’un conflit de travail contre Guildhall, à Londres.

Publié le 25 juillet en anglais sur http://iww.org.uk/node/590

Les nettoyeur-euse-s de la compagnie londonienne Guildhall ont gagné une importante victoire dans leur conflit avec le sous-traitant Ocean Contract Cleaning London Ltd (Ocean). Ceci représente une réalisation majeure pour ces travailleur-euse-s syndiqué-e-s avec la « Branche des Nettoyeur-euse-s et allié-e-s – Syndicat Industriel 640 » des Industrial Workers of the World(IWW).

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Kingston Compassion Club Society is re-opening after robbery and police closure.

août 13, 2011

ERRATUM: Kingston Compassion Club Society has never been member if the IWW. We apologize for the misunderstanding.  Here are more information about the situation of the IWW in Kingston.

Kingston Compassion Club Society is re-opening after robbery and police closure.

The Kingston Ontario Compassion Club Society (I.W.W Local 610) is re-opening after suffering a robbery and a police closure, as the Kingston Police continue to investigate some of the worker’s involved in the only unionized medical cannabis dispensary in Canada.

The not-for profit Compassion Club (also known as a medical cannabis dispensary), located in the Medical Arts Building at 800 Princess Street was closed after police responded to a robbery call made by the Club on June 19th. Employees called police to the facility after noticing that their online video surveillance feed had been interrupted, leading them to believe a break-in may have been in progress. It is believed that two former staff members of the K.C.C.S worked with a former member to execute said robbery after making false allegations to the police in the hopes of having the Club shut down by law enforcement. Lire la suite »


Des wobblies de San Francisco agissent contre l’intimidation de Starbucks

août 8, 2011

San Francisco – Le vendredi 29 juillet, des membres des Industrial Workers of the World ont investi le quartier des affaires dans le cadre de la campagne d’action mondiale contre l’intimidation anti-syndicale de la compagnie Starbucks, suivant ainsi l’exemple inspirant des travailleurs syndiqués de Starbucks en grève au Chili.

L’équipe de tractage wobbly a parlé à plus de 50 travailleurs de Starbucks et à plus de 500 clients. Tous étaient consternés d’apprendre les conditions de travail misérables des employés chiliens ainsi que l’intimidation anti-syndicale de Starbucks à New York. Ils ont aussi été surpris, mais intéressés, de savoir qu’en plus du Sindicato de Trabajadores de Starbucks au Chili (le syndicat des employés de Starbucks au Chili), les employés en Amérique du Nordse sont organisés dans l’IWW, dont les militant-e-s se inspirent la solidarité sur les lieux de travail et se battent pour de meilleures conditions de travail dans tous les Starbucks du monde.

Après avoir pris connaissance du récent licenciement de la syndicaliste Tiffany White-Thomas et des lamentables conditions des travailleurs Chiliens, plusieurs client-e-s ont affirmé qu’ils n’achèteraient plus de café chez Starbuck. De nombreux et nombreuses client-e-s ont aussi déclaré qu’ils appelleraient Starbucks pour leur signifier que les actions d’intimidation anti-syndicale n’était pas acceptable et qu’ils et elles soutiennent la lutte des employé-e-s de Starbucks aux Etats-Unis et à l’étranger.


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