Secrets of a Successful Organizer, le parfait guide de l’organisateur et de l’organisatrice syndicale!

Impossible de parler de Secret of a Succesful Organizer sans d’abord mentionner Labor Notes, l’organisation qui l’a publié. Labor Notes est un mouvement qui, depuis 1979, rassemble des militant.e.s syndicaux, dans le but de remettre le « mouvement » dans « mouvement ouvrier ». Publiant des manuels divers et organisant des conférences et des formations visant à renouveler le syndicalisme par une pratique axée sur le « rank and file ». On retrouve d’ailleurs tous leurs livres dans la section sur les origines du syndicalisme de solidarité sur le site de l’IWW

Secret of a Succesfull Organizer est d’ailleurs le petit dernier de Labor Notes. Il vise à créer une synthèse des livres et manuels précédents. Bien que faisant 265 pages, une importante proportion de l’espace est consacré à des images ou laissé « vide » entre deux leçons pour bien séparer les idées et ainsi en simplifier la lecture.

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La double adhésion. Questions et Réponses

Vous trouverez ci-bas quelques notes m’ayant servies de brouillon pour un éventuel atelier sur la double-adhésion (Ndtr : le dual carding, soit l’adhésion à l’IWW et à un autre syndicat). Vous trouverez des questions et mes réponses juste en dessous. J’espère qu’il s’agira là de la première publication d’une série sur  »Le SITT-IWW et les autres syndicats”’ ayant pour but de souligner quelques perspectives sur le sujet.

Là où il sera écrit  »nous » je ferai une affirmation référant aux positions classiques du SITT-IWW, tandis que là où j’utiliserai le  »je », il s’agira de mon opinion. J’ai fait de mon mieux pour garder les deux points de vue séparés, mais comme bon nombre de personnes, j’ai énormément de difficulté à le faire.

 

*Quel est notre rapport à la décertification ou la désafiliation? Il semblerait qu’au Work People College de 2012 plusieurs personnes ont amené l’idée que nous devrions mettre notre focus sur la décertification de syndicats d’affaires afin de les remplacer par une nouvelle accréditation, celle du SITT-IWW. Je ne suis pas certain qu’il s’agisse d’une stratégie qui ait déjà été utilisée, si quelqu’un a eu vent d’une telle expérience je serais curieux d’en apprendre plus.

Je peux seulement parler de notre expérience à Edmonton où nous avons été approché.es à quelques occasion par des travailleurs et des travailleuses, désireux et désireuses de décertifier leur syndicat. De manière générale, nous l’avons toujours déconseillé. Le problème est que le SITT-IWW n’occupe pas le même espace que les autres syndicat, il est donc illogique de remplacer l’un par l’autre. D’autre part, d’habitude, lorsque des travailleurs ou des travailleuses cherchent à faire retirer l’accréditation de leur syndicat sur leur lieu de travail, c’est parce qu’ils et elles ne sont pas satisfait.es des services qu’ils et elles reçoivent de ce dernier. Avec un budget squelettique, des cotisations minimales et aucun.es employé.es, nous ne feront pas beaucoup mieux en terme de services. Ce n’est pas ce que nous faisons.

Dans le local du Syndicat des Travailleurs et Travailleuses des Postes (STTP) où je me trouve, le grief moyen, après avoir franchi toutes les étapes aura coûté au delà de 10 000$. Il s’agit de plusieurs centaines de dollars seulement pour les premières étapes. Avec nos cotisations volontaires et à faibles coûts, financer un tel niveau de bureaucratie grâce à des levées de fond, n’est pas une option non plus.

 

* Quel est le rôle des caucus de gauche? Tout au long de la conversation au Work People College, le sentiment général était que les caucus de gauche sont inévitables et peuvent même être utiles. Or, il faut constater que tou.tes les fellow workers présent.es étaient impliqué.es dans des endroits qui, grosso-modo, servaient des caucus de gauche. Les premiers dans un réseaux de solidarité naissant chez OPSEU (Syndicat des Employé.es du Service Public de l’Ontario) et les autres dans un local de l’Alliance de la Fonction Publique du Canada (AFPC), qui sert en quelques sortent de quartier général pour militant.es.

Je suis d’accord que les caucus de gauches sont inévitable et j’ai participé à titre personnel à l’un d’eux au sein du STTP, mais je n’ai jamais fais pas de rapport de mes activités au SITT-IWW, pas plus que le SITT-IWW ne semble s’en être préoccupé. Tout ce qui est politiquement significatif en ce bas monde n’a pas besoin de se faire sous la bannière du SITT-IWW. Je suis tout aussi intéressé par une réforme des syndicats et par une bonne représentation des membres que n’importe qui d’autre. Or, il ne s’agit pas d’un engagement révolutionnaire et pour être franc, je ne pense pas que cela ait quoi que ce soit avoir avec le SITT-IWW.

En ce qui concerne les sanctuaires de militants et principalement de militant.es syndicaux, notons simplement que les militant.es ne forment pas toujours les meilleurs bassins de recrutement pour trouver de bons wobblies. Bon nombre d’entre eux ont des ambitions carriériste à l’intérieur même de leur syndicat et si cela n’est pas un problème en soit, cela ne fera pas avancer le SITT-IWW non plus. Des travailleurs et des travailleuses en colère et respecté par leurs pairs sont bien plus important, et si par hasard, ce sont aussi des militant.es, c’est tant mieux, mais ce n’est pas le plus important.

 

*Qu’en est-il des élections? Ici encore, le sentiment partagé était qu’à certains moments cela pouvait être utile.

Pour commencer, il faut se rappeler que dans les règlements du SITT-IWW beaucoup de choses sont mentionnées à propos de la position d’officier ou officière pour un autre syndicat, il ne s’agit pas de dire que vous ne pouvez pas l’être, mais nous plaçons des limites assez sévères sur le sujet. Bien sur, il est toujours possible d’amener les règlements en appel pour se dérober à certaines restrictions, mais il est important de comprendre pourquoi nous avons ces règles en premier lieu. C’est parce que notre compréhension du syndicalisme révolutionnaire ne se limite pas à être un  »syndicat très progressiste ». Tout comme nous recommandons l’établissement de comités d’organisation sur le plancher et dépassant le système de délégué; une position révolutionnaire dépassant l’électoralisme et évitant le contractualisme, notre structure et notre fonction s’incarne dans un engagement envers un autre type de politique. Dans le SITT-IWW, les syndicats ne sont pas des organismes politiquement neutres, au contraire, leurs structures et leurs engagements reflètent les perspectives politiques de leurs architectes.

Tout cela était plus clair à une époque où le mouvement ouvrier était marqué par une plus grande diversité idéologique, mais depuis les années 60 on assiste à une hégémonie de la social-démocratie et c’est ce que la structure standard reflète. S’emparer de ces structures sans les remettre sérieusement en question ne peut que conduire à une cooptation, à un redressement judiciaire ou aux deux.

 

*Toujours sur la question d’être un.e délégué.e syndicale, la question suivante vint sur le plancher : Si personne d’autre n’est pour se présenter, n’est-il pas souhaitable qu’un de nos militants le fasse afin, qu’au moins, le travail soit fait? Est-ce que cela ne permet pas en plus d’avoir une raison légitime de parler du travail avec ses collègues sans que cela n’ait l’air bizarre?

Je ne suis pas contre les gens qui décident de devenir délégué syndical, mais ces gens devraient le faire en gardant les yeux grands ouverts. Qu’est-ce que ce travail implique? Si la priorité est de construire un comité qui traite les demandes depuis le plancher et aide les gens à développer une stratégie pour mettre collectivement de la pression sur le patron, je suis tout à fait pour. Si le travail consiste simplement à faire ce que n’importe quel autre délégué va faire, il ne s’agit pas non plus d’une erreur, mais cela devrait être clair pour les personnes concernée qu’ils et elles le font pour des raisons personnelles et non en tant que membre du SITT-IWW. Cela dit, notons que le SITT-IWW n’a pas de position claire sur le sujet.

 

*Comment est-ce que la double adhésion fonctionne dans un environnement multi-syndicales? Comment pouvons nous réellement amener le Syndicat pour Tous et pour Toutes à aider l’organisation au jours le jours?

Nous avons une certaines expérience sur le sujet à Edmonton et le plus important est de commencer par communiquer avec les gens travaillant ensemble. Pas seulement entre syndicats, mais aussi entre travailleurs et travailleuses syndiqué.es et travailleurs et travailleuses non-syndiqué.es. L’avantages que l’action directe a sur les canaux officiels c’est qu’en attaquant une structure managériale unifiée, il est possible de mettre plus de pression. Prioriser des demandes qui affectent tout le monde (comme les questions relatives aux Droits Humains, aux places de stationnement, à la santé et à la sécurité) permet un élargissement du champs d’actions, tandis que les disputes de types contractuelles sont évidemment plus étroites et moins utiles. Les assemblées conjointes (dans notre cas les réunions durant les pauses café) permettent de rassembler tout le monde sur le plancher.

 

*Si des wobblies peuvent faire des choses comme prendre le contrôle de la newsletter ou du bulletin du syndicat, mettre la main sur des listes de contacts, etc. Comment devrions nous, et devons nous, mettre ses possibilités à usage?

Bien sur que vous devriez. Vous devriez tout faire comme dans la Formation d’Organisation 101 (FO101 ou OT101 en anglais), faire des rencontres individuelles, identifier les meneurs et meneuses, les amener à faire des actions sur le lieux de travail, puis les inclure dans votre comité. Les newsletters et bulletins peuvent être un bon moyen de faire connaître les gains qui ont été gagné sur le plancher.

 

*Comment pouvons nous éviter d’être co-opter par le syndicat? C’est à dire de voir le syndicat légaliste en place clamer que les victoires du comité sont les siennes?

Le plus important c’est que les travailleurs et travailleuses eux-mêmes et elles-mêmes s’approprient la victoire, pas plus le syndicat d’affaire en place que le SITT-IWW. Si le rôle du SITT-IWW a été décisif, alors il faut souligner ce que l’organisation a fait, mais on ne peut pas simplement prendre tout le crédit. Par exemple, nous avons déjà mis en place un programme d’éducation, fait la promotion des tactiques de March on the Boss et travailler sur un blog indépendant. Or il ne s’agit pas ici d’être cette gauche si typique qui répète encore et encore les mêmes slogans en s’autoproclamant d’une avant-garde éclairée, mais plus tôt de l’utilisation par les travailleurs et travailleuses de méthodes qui font du gros bon sens.

 

*À quelle sorte de backlash pouvons nous nous attendre lorsque la double adhésion sera découverte par les plus hauts échelons de la hiérarchie? Quel type d’inoculation est requise avant que la campagne ne devienne public? Plus d’histoires et d’anecdotes pourraient être utile ici…

Au STTP nous avons simplement mis les choses au clair. Nous n’avions aucun intérêt à devenir l’unité de négociation certifiée pour les bureaux de postes et nous nous considérions comme de fidèles membres du STTP . Nous avons pourtant insisté qu’aucun travailleur, ni aucune travailleuse n’ait de permission à demander pour mener des actions sur le plancher, et que les officiers et officières devaient répondre de leurs membres et non le contraire. Cela étant dit, je pense qu’il y a trop de différences d’un syndicat à l’autre pour pouvoir donner une sorte de prescription passe-partout plus précise que d’être clair sur le fait que ce que nous voulons dire par syndicat est très différent de ce que l’AFPC, par exemple, entend par syndicat.

 

*En quoi est-ce que le AEIOU diffère t-il dans le contexte d’un environnement déjà syndiqué?

Il ne diffère pas.

 

*Quel est l’objectif ultime de l’organisation en double-adhésion? Dans la FO101 plusieurs sections commencent en demandant aux participant.es ,  »Pourquoi est-ce qu’on fait ça? », comme dans  »Pourquoi est-ce qu’on agite? »,  »Pourquoi est-ce qu’on demande à nos collègues de joindre le syndicat? »,  »Pourquoi faire un suivi sur les tâches? », etc. Je me demande si, peut-être, garder ce format pourrait être une bonne manière d’introduire ce module. Puis, tout comme dans la FO101, cela pourrait inclure une série de réponses. Pourtant je me sens un peu ridicule en disant cela, mais après m’être assis pour réfléchir à la question, je n’arrivais pas à articuler de réponse claire à  »pourquoi » nous faisons cela.

Je pense que l’objectif ultime de l’organisation en double-adhésion est le même que dans la FO101, construire un comité d’organisation fonctionnel qui peut mobiliser les travailleurs et les travailleuses sur le plancher pour faire des actions directe afin de faire valoir leurs intérêts propres.

Je vais essayer et travailler avec Rhiannon pour répondre à vos questions pratiques au sujet de l’atelier, je pense que plusieurs d’entre elles sont valides et le manque de précision ou de clarté de nos réponses ne relève non pas d’un problème avec vos questions, mais plus tôt du niveau de réflexion où nous sommes rendu. Néanmoins, un des points auquel je peux d’ores et déjà répondre au sujet de ce module est qu’il s’agit délibérément d’un supplément à la FO101 parce que nous pensons que cette formation couvre la base du travail d’organisation. Ce à quoi j’ajouterais qu’à mon avis, non seulement, le travail d’organisation en double-adhésion n’est pas si différent du travail d’organisation en milieu non-syndiqué, notamment en ce qui à trait aux compétences nécessaire, mais aussi que le gros du matériel est en fait orienté vers une compréhension de ce qu’est le SITT-IWW. Cela étant dit, je pense aussi que nous avons besoin de travailler la question plus en détails étant donné que le phénomène des syndicats d’affaires arborant le drapeau rouge est de plus en plus fréquent.

 

Écrit par Nick Walter, Edmonton IWW, le 17 octobre 2014
Traduit par le Comité Communication de la SLI de Montréal, le 16 mars 2017

Pression émotionnelle et organisation

Par Nate. H

Ce texte est une traduction d’une publication de Nate. H paru dans d’abord le journal l’Industrial Worker, puis dans le pamphlet Weakening the Dam, intituée « Emotionnal pressure and Organization Building », bien célèbre dans sa version originale. Bien qu’il fut à l’origine écrit pour être un outil d’organisation destiné principalement aux organisateurs et organisatrices de l’IWW, nous considérons qu’il peut être utile à n’importe quelle personne ou n’importe quel groupe de personnes se retrouvant confronté à des enjeux problématiques sur son lieu de travail — soit, à tout le monde. L’équipe du Combat Syndical espère qu’il vous sera utile!

 

Nous désirons simultanément accomplir deux choses au travail:

Organiser nos milieux.

Améliorer nos conditions.

Nous pourrions les faire séparément, par exemple, en s’organisant sans plans visant à améliorer nos conditions, comme des soirées de poker ou des cercles de tricotage. Nous pourrions aussi faire l’inverse, soit tenter d’améliorer nos conditions sans organiser notre classe, en donnant par exemple individuellement des pots-de-vin à nos supérieurs ou en les couvrant de louanges. Aucune de ces deux choses n’a quoi que ce soit à voir avec le syndicalisme. Être un syndicat signifie améliorer nos conditions en s’organisant ou  s’organiser en améliorant nos conditions.

Pour bâtir une bonne solidarité et améliorer nos conditions, nous devons faire des actions au travail. Les actions sont l’oxygène d’un syndicat ; elles débutent en prenant la solidarité informelle qui existe entre les employé-e-s – les relations actuelles et le climat d’agitation à l’intérieur du milieu de travail – et en les dirigeant contre nos patrons sous forme d’actions.

Lorsque vous planifiez une action, prenez un problème qui dérange beaucoup et auquel les gens accordent beaucoup d’attention et d’importance, et demandez vous « avons-nous le pouvoir de faire changer cette chose ? ». Par exemple, le superviseur du quart de nuit du département de réception/expédition d’une usine n’a probablement pas de contrôle sur le plan d’assurance dentaire de l’entreprise, ni celui d’en instaurer un. Par contre, il possède celui d’être plus ou moins respectueux envers les employé-e-s et d’être plus ou moins strict sur, par exemple, les allées et venues aux toilettes.

Faites donc tout d’abord la liste des points que les employé-e-s désirent améliorer et déterminez qui est (sont) la (les) personne(s) à cibler par vos actions car elles ont le contrôle sur ces points. Faites ensuite la liste des superviseur-e-s ou patrons les plus bas dans la hiérarchie ayant un certain pouvoir décisionnel sur ces problèmes. Généralement, plus basses seront ces personnes dans la hiérarchie, plus il sera facile d’en obtenir ce que vous voulez. Ce point sera très important au départ, au moment ou, par exemple, cinq employé-e-s d’un département auront très peu de chance d’obtenir des gains dont bénéficieront les cent employé-e-s d’un milieu de travail. Cependant, s’ils ou elles obtiennent des gains dans leur département, il sera plus facile de recruter d’autres département qui pourront ensuite s’attaquer à de plus grands enjeux. C’est de cette manière que se bâtit l’organisation en milieu de travail.

Très tôt dans une campagne, il est important de se concentrer sur ce qui pourrait être appelé les «actions émotionnelles» ou la «pression émotionnelle». Je m’explique : Le travail est un souci de tous les instants pour nous, et à un degré différent, l’est aussi pour

 les patrons. Pour eux, il l’est généralement de plus en plus à chaque fois que leur degré descend dans la hiérarchie et vice-versa. Les actions émotionnelles sont celles où nous demandons à notre supérieur de faire un choix entre celui de faire de notre travail un moins grand problème ou celui que nous fassions du sien un plus grand. Plus ce ou cette supérieur-e sera près de nous dans la hiérarchie, plus ce type d’action sera facile à gagner. Particulièrement si ce ou cette superviseur-e est près de nous et que nous le ou la voyons à tous les jours, il ou elle se souciera beaucoup plus de notre opinion et de la manière dont nous le ou la traitons.

Lorsque nous confrontons collectivement un supérieur pour lui faire comprendre à quel point nos conditions de travail rendent nos vies déplaisantes, nous donnons aussi à ce ou cette supérieur-e une expérience très déplaisante. Nous pourrions voir cela comme le fait de partager une part de la misère que notre travail nous inflige avec lui ou elle. En donnant à ces supérieur-e-s une dose de leur propre médecine, rendant ainsi leur expérience au travail aussi misérable que la nôtre, nous pouvons les forcer à faire de petites améliorations à nos conditions de travail. En retour, cela nous permet de faire comprendre à nos collègues qu’il est possible de s’unir afin d’améliorer nos conditions et que plus nous serons nombreux et nombreuses à nous unir et serons solidaires, plus le rapport de force sera en notre faveur, et plus nous pourrons obtenir de grandes victoires.

Nate H.

La Coupe est pleine! Colère, bouffe et manifestation : appel aux groupes pour le 1er mai 2017!

Le Syndicat Industriel des Travailleurs et Travailleuses (SITT-IWW) vous propose un 1er mai sous un thème rassembleur qui aborde différents problèmes interreliés : « La coupe est pleine! »

Le coût de la vie augmente sans arrêt. Les services publics se font tronçonner. Les personnes assistées sociales subissent des attaques sauvages. Il y a la menace dune réforme des Normes du travail à la sauce patronale qui nous guette. Et pour ajouter linsulte à linjure, tandis que syndicats et groupes communautaires réclament un salaire minimum à 15$ de lheure, les boss et l’État répondent : vous ne valez guère plus de 11,25$.

Comme si ce n’était pas suffisant, le climat social se dégrade. Les discours racistes ont de vastes tribunes. On maltraite la différence. Les crimes haineux visant les femmes, les musulman.es et la communauté LGBTQIA* se multiplient. Nous ne tolérons pas ces discours de haine qui se propagent autant dans les médias, les milieux de travail et nos communautés.

Nous appelons donc les travailleurs et les travailleuses ainsi que nos groupes alliés à participer à notre ras-le-bol. Et cest dans cette optique que nous vous invitons officiellement à vous joindre à nous.

Le lundi 1er mai, de 14h30 à 16h30, nous offrirons une bouffe communautaire avec musique et prises de parole dans le quartier Centre-Sud au parc Médéric-Martin, puis nous nous rassemblerons au métro Frontenac à 17h00 pour manifester vers le centre-ville!

 

Nous invitons donc les groupes, syndicats et associations à endosser notre appel et à confirmer leur présence via l’adresse courriel du SITT : iww_quebec@riseup.net

IWW-SITT

Vie de Wobblies: Comment je suis devenue membre des IWW.

Quand on m’a demandé si je pouvais écrire un témoignage pour raconter mon parcours avec l’IWW, ma première réponse a été « Haha, j’ai rencontré un gars sur Tinder pis c’est comme ça que j’ai découvert l’IWW ». C’est ridicule parce que c’est vrai, mais c’est quand même une plus longue histoire que ça.

Il y a 2 ans, je m’impliquais avec mon asso étudiante et je m’embarquais dans un recours collectif contre la police de Québec. Il y a 2 ans aussi, je traînais sans espoir sur Tinder quand j’ai rencontré quelqu’un de bien. Et il se trouve que ce quelqu’un est membre de l’IWW… Eh oui, c’est comme ça que j’ai découvert le syndicat. Même pas dans des manifs, même pas par les actions, même pas par son organisation syndicale, juste par un drôle de hasard.

On s’entend qu’à ce moment-là, j’avais pas beaucoup d’expérience au niveau du militantisme. Quelques manifs, une souricière brutale, 2 semaines de grève, présence sur l’exécutif de mon asso… Ça se résume à ça, je crois. Mais j’étais déjà tannée du militantisme étudiant, de ses contraintes et surtout, de l’impossibilité d’établir des vrais projets à long terme : les gens viennent faire leur bacc puis disparaissent, alors on doit tisser des liens rapidement, travailler au jour le jour. Ça a ses avantages, mais pour une personne introvertie comme moi, qui a besoin de prendre son temps avec les nouvelles personnes, c’est des contraintes difficiles à surmonter. J’étais rendue à un moment dans ma vie où j’avais envie de m’impliquer de façon plus durable, mais je voyais pas beaucoup d’options ; c’est précisément à ce moment -jolie coïncidence- que j’ai découvert l’IWW.

On pourrait maintenant croire qu’après avoir découvert le syndicat, j’aurais pris ma carte tout de suite. De ce que j’avais pu voir en manif, et de ce que j’en avais entendu, ça avait l’air d’une grande famille de gens qui se tiennent les coudes serrés ; ça donne envie de les rejoindre, non? Oui, mais en même temps, c’est justement ce qui fait que ça m’a pris autant de temps avant de prendre ma décision. Comment moi, qui ne connaissais pratiquement personne du groupe, qui n’avais presque jamais participé à des actions directes, qui ne se croyait pas à la hauteur, j’allais réussir à faire ma place là-dedans? Eh bien, ça l’air que j’y suis arrivée. J’ai pris ma carte et me voilà, un an plus tard, à être impliquée dans 3 comités et secrétaire d’un d’entre eux, à être déléguée, à avoir donné 2 formations d’introduction à l’IWW et à écrire un article pour notre blog. À toutes les personnes trop timides pour faire le premier pas : vous ne perdez rien à essayer, y’a personne qui va vous manger.

Et puis la grande question : pourquoi j’ai fini par autant accrocher à ce groupe-là? Il y a mille réponses à ça, mais je trouve que le syndicat incarne des valeurs que je partage et que j’ai jamais vraiment eu l’occasion d’exprimer. J’ai une formation en travail social et ça fait des années que j’occupe des jobs dans le service à la clientèle ; après un moment, j’ai fini par réaliser que la précarité et la souffrance que vivent les gens qui travaillent en relation d’aide, que la pauvreté dans laquelle se démène la majorité des personnes autour de moi… ça ne peut pas durer. C’est pas normal qu’on doive vivre comme ça, je peux pas croire qu’il existe aucun moyen de s’en sortir. On en parle entre collègues, oui, on s’en plaint, mais pour plusieurs raisons on ne trouve jamais les moyens de s’attaquer au problème. Ce que je crois avoir trouvé avec l’IWW, c’est un bon point de départ pour faire ça.

Déjà, d’avoir un espace pour parler de ces problèmes-là et mettre en commun nos expériences, au lieu de nous dire qu’il y a pire et qu’on devrait se la fermer. Puis découvrir ce qui s’est fait ailleurs, ce qui motive les autres personnes, ce qu’on pourrait faire ; il y a une foule d’actions possibles pour parvenir à nos fins, des appels téléphoniques aux occupations, en passant par les manifs et les ateliers de discussion. Il n’y a pas que la grève pour venir à bout d’un conflit de travail : la créativité et la solidarité peuvent -et vont- nous mener loin.

Et pour finir sur une note cute, c’est toute cette implication qui m’a fait découvrir un monde de possibilités et de personnes extraordinaires, en plus de m’avoir donné un solide boost de confiance en moi. Oui, parce que j’assume des responsabilités et que les gens me font confiance, mais aussi parce que je me rends compte aujourd’hui que j’ai réussi à me créer un réseau dans une nouvelle ville, dans un groupe que j’ai choisi et qui représente mes idées. J’ai aussi appris ce que c’était, la solidarité. J’ai trouvé l’engagement militant qui me convient ; un engagement actif, continuel, plus centré sur l’action dans le présent que sur le respect à tout prix d’une idéologie. On fait quelque chose ensemble, et ça, ça n’a pas de prix. Il s’agit de cesser d’être passifs face au monde et ensemble, de commencer à y prendre activement notre place.

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Découvre comment bâtir ton Syndicat!

Formation d’organisation 101.

Donnée sur 2 jours et en français, la formation d’organisation 101 (OT-101) permet de connaître et pratiquer les bases de la pratique d’organisation syndicale. Celle-ci vise à donner les outils nécessaires aux organisateurs et organisatrices qui pourront les utiliser sur leur lieux de travail, afin de mener des luttes syndicales dans la tradition du syndicalisme de solidarité en s’appuyant sur l’action directe.

La formation se déroule sur 2 jours, de 9h à 17h, soit le samedi 4 mars et dimanche 5 mars. Déjeuner et dîner sont assurés durant la formation. Un « social » est organisé le samedi soir.

La formation est accessible à tout les travailleurs et travailleuses. Cependant, en cas de demandes trop importantes, les personnes membres seront priorisées. Une contribution volontaire d’environ 20$ est suggérée.

INSCRIPTION

L’inscription se fait via le formulaire suivant: https://docs.google.com/forms/d/1nK54FBqBQlf5uOYBc7bm-X3WspYiFaFCh3ojdLtGi90/viewform?edit_requested=true

 

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Formation d’Organisation 101 à Los Angeles les 4-5 février 2017. Crédit Photo: M.K.

Déclaration du SITT-IWW contre les mesures anti-musulman.es de Trump.

Déclaration du SITT-IWW contre l’interdiction de voyager pour les musulman.es, instaurée par Trump. Soumis le lundi 6 février 2017 à 18h51

Le SITT-IWW est un syndicat pour tous les travailleurs et toutes les travailleuses qui s’oppose à toutes les formes de discrimination. Ainsi, nous sommes absolument contre la récente interdiction de voyager instauré par Trump et qui vise les musulmans et musulmanes. Ce pas vers la discrimination officielle est une attaque contre nous tous et toutes. Le SITT-IWW a comme but d’organiser et de construire un réseau de force pour les travailleurs et les travailleuses les plus vulnérables, ce qui inclus les travailleurs et travailleuses à faible revenu et les immigrants et immigrantes. Nous sommes touchés par la résistance massive qui est née immédiatement après l’interdiction, comme, par exemple, de voir autant de personnes manifester leur mécontentement dans les aéroports à travers le pays. Nous sommes particulièrement fiers des travailleurs et travailleuses de la compagnie New York Taxis, qui ont interrompu les services à l’aéroport John F. Kennedy, mais aussi des employé.es des compagnies aériennes qui ont refusé de soutenir l’interdiction. Nous sentons que tous les gens sains d’esprit comprennent qu’il nous faut être solidaires jusqu’à ce que tous les non-résident.es aient le droit d’entrer au pays sans peur de représailles ou de persécutions. Cette solidarité entre prolétaires est notre meilleure arme pour repousser la vague de racisme – nous espérons que cette solidarité ne soit qu’un aperçu de ce dont nous sommes capables. Nous devons nous organiser pour réclamer la libération de tous les immigrant.es incarcéré.es et pour renverser l’interdiction de voyager. Notre pouvoir réside dans la solidarité. Une attaque contre l’un ou l’une d’entre nous est une attaque contre tous et toutes!

Maraudage dans le secteur de la santé ou la dérive d’un corporatisme toxique

C’est le 6 février 2015 qu’a été adoptée la Loi modifiant l’organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux notamment par l’abolition des agences régionales, aussi appelée la Loi 10, qui allait entraîner des changements majeurs dans la structure du secteur de la santé et des services sociaux québécois. À cette époque, une importante mobilisation, constituée d’organisations syndicales, citoyennes et même professionnelles, a contesté cette réforme drastique dont les répercussions impliquent un chamboulement important de la structure organisationnelle du secteur.

Cette loi, comme tant d’autres, fut évidemment adoptée sans aucune consultation préalable des acteurs concernés. Son principal effet consiste à abolir de nombreux paliers administratifs et à fusionner une quantité importante d’établissements jusqu’alors autonomes. Avant, dans le réseau de la santé, il existait 182 établissements. Avec la Loi 10, nous passons à seulement 34, soit les Centres intégrés en santé et en services sociaux et les Centres intégrés universitaires en santé et en services sociaux. Cette réorganisation est évidemment présentée par le Gouvernement du Québec comme une mesure « d’optimisation des ressources allouées au réseau de la santé » en abolissant les agences régionales de santé et de services sociaux. Dans les faits, on peut surtout y voir une autre manifestation de l’austérité budgétaire puisqu’elle aura servi de prétexte pour des coupures de plusieurs centaines de millions de dollars dans l’enveloppe budgétaire du Ministère de la Santé.

Mais un autre effet, plus obscur, de l’adoption de cette loi est le chambardement dans le découpage syndical du secteur. Selon la CSN, il s’agirait de « la plus importante période de vote d’allégeance syndicale en santé et en services sociaux jamais connue au Québec »1. Concrètement, il faut comprendre qu’avec le monopole de la représentation syndicale, l’ensemble du réseau de la santé et des services sociaux est décortiqué en diverses unités de négociation. Pour chacune de ces unités, une association syndicale (généralement affiliée à une centrale syndicale) a le droit exclusif de représenter l’ensemble des travailleurs et travailleuses qui la composent (l’accréditation syndicale). La réforme actuelle, en procédant à la fusion d’établissements, a pour effet de réduire de 800 à 100 les accréditations syndicales du secteur de la santé. Il va sans dire qu’il s’agit alors d’un moment névralgique pour les syndicats puisqu’il y aura une redéfinition des « parts de marché » à se diviser entre eux. Pour les établissements fusionnés dans lesquels se trouvaient des associations syndicales affiliées à plus d’une centrale syndicale (CSN, APTS, FIQ, CSQ, SCFP, FTQ et CSD), un vote, supervisé par le Tribunal administratif du travail, doit avoir lieu afin de déterminer l’affiliation de la nouvelle entité fusionnée.

Ce sont ces nombreux votes qui ont lieu du 30 janvier au 24 février 2017, aussi appelés le maraudage du secteur de la santé et des services sociaux.

1) Le maraudage : un complot de l’État et du patronat contre l’action syndicale?

Le maraudage, soit ces périodes durant lesquelles il est possible de changer d’accréditation syndicale, est un processus qui découle directement du modèle de rapports collectifs du travail imposé par l’État québécois (inspiré lui-même du Wagner act américain). En effet, à partir du moment où un syndicat a le monopole de la représentation de tous les travailleurs et toutes les travailleuses d’un milieu de travail donné, il est logique de prévoir certains mécanismes pour leur permettre de changer d’organisation selon leur volonté collective. Il peut s’agir d’un mal nécessaire, si on pense par exemple à certains syndicats contrôlés par les patrons de l’entreprise. Cependant, nous y voyons aussi des effets délétères.

C’est ainsi que le Code du travail prévoit certaines périodes précises durant lesquelles il est possible pour un syndicat rival de contester l’accréditation syndicale en obtenant une majorité de membres. La détermination des moments où ceci est permis est évidemment d’une grande complexité, laissant peu de place à l’initiative des travailleurs et travailleuses, généralement dépendants-es de l’expertise d’une centrale rivale, sans parler du nombre effroyable de règles qui régissent aussi le déroulement du maraudage. Comme c’est le cas dans tant d’autres volets du syndicalisme légaliste, on peut voir dans cette technicisation de l’action syndicale un phénomène des plus néfastes pour la démocratie interne, l’autonomie et la vitalité du syndicat local.

Dans le maraudage se trouve la manifestation d’une autre pratique désolante : la compétition intersyndicale. Dans ce contexte, nous assistons possiblement à l’expression la plus hideuse de la dérive corporatiste des centrales syndicales québécoises, ne serait-ce que parce qu’on peut facilement faire un parallèle avec le secteur privé où diverses entreprises compétitrices se disputent le même marché. Plutôt que de mettre énergie et ressources au service de la défense des intérêts des membres (et ultimement leur émancipation?), l’accent est mis sur la diffusion de campagnes de publicité, la tenue de kiosques dans les milieux de travail, la production de matériel de promotion, etc. Ces périodes sont ainsi excessivement contre-productives pour la lutte contre le patronat qui joue dans ces circonstances, un rôle de simple spectateur. Qui plus est, dans ce contexte toxique, il est assez fréquent qu’un syndicat poursuive dans les tribunaux ses concurrents. Encore une fois, nous sommes excessivement loin de la fonction légitime d’une telle organisation; c’est d’abord la solidarité entre salariés-es qui en prend tout un coup!

2) Critique de la situation actuelle : une marchandisation du service syndical?

Le maraudage du secteur de la santé est l’illustration parfaite de la nocivité d’un tel processus. Déjà, tel que mentionné, on peut présumer que les sommes d’argent investies sont l’accumulation de plusieurs millions de dollars. Cependant, au-delà de la simple préoccupation budgétaire, le discours et les arguments tenus par les centrales afin de convaincre les salariés-es de voter pour leur organisation sont des plus préoccupants.

Pour commencer, l’obsession quantitative et financière est tout à fait symptomatique de l’hégémonie de l’idéologie néolibérale qui a même réussi à contaminer les organisations syndicales. Pour la plupart des centrales, il semble que le meilleur argument pour « vendre » leur service se trouve dans la faiblesse du coût de la cotisation syndicale. Par exemple, la CSQ ne s’est pas gênée durant le temps des fêtes pour déclarer qu’un vote pour cette centrale « c’est plus d’argent pour Noël l’an prochain! » (sic). Du côté du SCFP, on met à la disposition des membres potentiels un calculateur virtuel permettant de déterminer, selon le poste, la catégorie et la région de résidence, avec quelle organisation il en aura le plus pour son argent. Évidemment, à la lumière des résultats, on constate que c’est plus souvent qu’autrement ce syndicat qui serait le plus avantageux. Bref, tout cela donne l’impression de vendeurs qui affirment avoir « le prix le plus bas en ville. »

Aussi, il est fort évocateur de prendre note de la prédominance du thème des assurances collectives dans les arguments de l’ensemble des organisations prétendantes. Chacune tente de faire la démonstration de la supériorité du produit qu’ils offrent en comparaison avec ses concurrentes. Des tableaux comparatifs sont ainsi diffusés afin de prouver que l’un est meilleur que l’autre. Bien sûr, ce ne sont pas les centrales elles-mêmes qui autogèrent ces régimes assurantiels; leur fonction se résume plutôt à être les courtiers de leurs membres afin de négocier avec les compagnies d’assurance (généralement privées).

Mention spéciale doit être faite à la CSN, qui semble beaucoup moins prompte que ses rivales à mettre l’accent sur les avantages pécuniers d’un vote favorable. Effectivement, son discours porte généralement plus sur sa capacité de mobilisation et d’action politique. Une fois que cela est dit, ça ne signifie pas que la Confédération soit moins obsédée par les nombres : il semble que ses spécialistes en communication aient décidé que la « force du nombre » devait être le principal argument en sa faveur, puisque la supériorité du syndicat découlerait de la prépondérance de membres en comparaison avec les rivaux.

Tous ces exemples permettent d’établir une constante : le syndicat n’est plus présenté comme une organisation par et pour les membres. Plutôt que d’y voir l’occasion de s’unir pour faire la force, on semble être dans un paradigme où le syndicat n’est qu’un vulgaire prestataire de services qui doit offrir le produit le moins cher et le plus avantageux sur le marché. Bref, on peut se questionner à savoir s’il ne s’agirait pas de la manifestation d’une marchandisation de l’action syndicale.

Cela est sans compter la dérive corporatiste qui est incluse dans le discours de nombres d’organisation. Ce chauvinisme institutionnel, en plus d’être fortement contre-productif si on garde en tête l’objectif ultime de la lutte contre le patronat, est d’autant plus nocif qu’il joue un rôle de démobilisation pitoyable pour l’ensemble du mouvement syndical. Ainsi, plusieurs centrales s’accusent les unes et les autres de mentir à la population ou de falsifier les statistiques afin de s’auto-promouvoir. Pensons seulement à la CSN qui a accusé la FIQ de « mener une campagne de désinformation » et d’avoir trahi ses membres lors de la dernière négociation.

Au niveau du corporatisme et de la désolidarisation, soulignons la campagne de la FIQ qui a atteint les bas-fonds du cynisme syndical. Sa campagne de publicité met d’abord l’accent sur l’uniformité de la composition du membership de l’organisation qui se veut une fédération interprofessionnelle. Ainsi, avec la FIQ, pas question de côtoyer des vulgaires préposés-es aux bénéficiaires, des travailleurs et travailleuses des cuisines, de l’entretien ménager, etc., car, « Contrairement aux autres syndicats, à la FIQ, nous sommes 100% professionnels en soins. » Ce discours est d’autant plus déplorable qu’il n’a pas seulement pour effet d’exacerber la compétition entre les organisations, mais de favoriser le mépris entre les salariés-es qui sont appelés-es à se désolidariser en fonction de leur profession, plutôt que de faire un front uni contre l’employeur.

3) Une autre vision du syndicalisme

Il existe certainement de nombreuses différences entre les diverses organisations syndicales présentement actives dans ce maraudage, notamment pour les questions liées à l’action politique, le positionnement dans les débats publics, le coût des prestations, etc. Cependant, il nous faut également reconnaître une homogénéité certaine quant aux moyens mis en œuvre pour jouer leur rôle de défense des travailleurs et travailleuses. Effectivement, toutes ces organisations effectuent au final la même tâche : soit de négocier « de bonne foi » des conventions collectives qu’ils co-administreront, avec le patronat, pour la période durant laquelle elles sont en vigueur. Elles amèneront en arbitrage les griefs de leurs membres, siègeront sur des comités de relations de travail ou de santé et sécurité au travail, tiendront des BBQ et, parfois, participeront à des manifestations.

Toutefois, il faut savoir qu’un autre syndicalisme est possible. On peut prôner une autre façon de faire par et pour les salariés-es. Plutôt que de voir le syndicat comme une entitée extérieur que nous ne contrôlons pas, il pourrait être une constellation de travailleurs et travailleuses qui s’unissent pour mener un combat collectif contre nos exploitants. Ainsi, toutes nos énergies seront concentrées sur la lutte contre le patronat, afin de nous émanciper pour de bon de l’exploitation salariale.

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Les travailleurs et travailleuses des milieux associatifs en éducation se syndiquent avec les IWW

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – Pour diffusion immédiate

sttmae-4– Montréal, 8 février 2017 – Les employé-e-s des milieux associatifs en éducation, provenant d’associations étudiantes, de cafés étudiants, de coopératives étudiantes et de syndicats d’enseignement, forment un nouveau regroupement syndical au sein du Syndicat industriel des travailleurs et travailleuses (SITT-IWW).

C’est dans l’objectif de contrer la précarisation croissante de leurs emplois et de leurs conditions de travail que ces travailleurs et travailleuses s’unissent sous la bannière des IWW. Bien que le mouvement étudiant soit souvent solidaire des revendications progressistes, ce n’est que très rarement qu’il s’est engagé concrètement dans les luttes pour l’amélioration des conditions des employé-e-s de leurs associations.

« Nos emplois sont à contrat déterminé, ils sont souvent à temps partiel et n’ont pas de garantie d’heures l’été. Parfois, nos emplois sont même considérés comme du bénévolat! Nous revendiquons une sécurité d’emploi et des conditions de travail décentes. » affirme la porte-parole du Syndicat des travailleurs et travailleuses des milieux associatifs en éducation, Jasmine Léger. « Nous croyons qu’un salaire minimum de 15$ de l’heure, 5 semaines de vacances payées par année et 7 jours de maladies payés dès l’embauche constitue le minimum auquel nous avons droit. » poursuit Mme Léger.

Cette nouvelle initiative syndicale fait suite aux gains obtenus par le Syndicat des travailleurs et travailleuses du Frite Alors. En effet, à l’instar de leurs camarades, le Syndicat des travailleurs et travailleuses des milieux associatifs en éducation est fondé sur le principe du syndicalisme de solidarité et de l’action directe, visant la construction d’un rapport de force durable en vue d’instaurer, puis rehausser, un plancher de conditions de travail pour nous attaquer à la précarité.

SOURCE: Syndicat industriel des travailleurs et travailleuses (SITT-IWW) de Montréal.

Renseignements: Ben Hunter, attaché de presse du STTMAE
Téléphone: 514-869-6130
Courriel: sttmae.easwu@gmail.com

LIENS CONNEXES
http://www.facebook.com/sttmae

Le Syndicat des travailleurs et travailleuses des milieux associatifs en éducation (STTMAE) regroupe des employé-e-s de cinq milieux de travail, soit:
– l’Association générale étudiante du Cégep de Drummondville (AGECD)
– l’Association générale étudiante du Cégep de St-Jérôme (AGES),
– l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ),
– l’Association générale des étudiants de Montmorency (AGEM)
– l’Association générale des étudiants et étudiantes du Collège Édouard-Montpetit (AGECEM).

Tanné-e-s d’être précaires

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Les membres des différentes associations étudiantes, un peu partout à travers la province, sont relativement habitué-e-s de se faire rappeler qu’il faut constamment lutter pour améliorer leurs conditions de vie et d’étude. Par contre, le mouvement étudiant, bien que souvent solidaire avec ce genre de revendications, ne s’est que très peu souvent engagé concrètement dans les luttes pour l’amélioration des conditions de travail.

STTMAE 3.pngCette année, l’ASSÉ, avec sa campagne “Tanné-e-s d’être pauvres”, se lance à l’assaut de ce qui rend les étudiants et étudiantes précaires et prend notamment position pour un salaire minimum à 15$ de l’heure. Même si nous nous devons d’applaudir cette prise de position, il est important de souligner que cette revendication est loin d’être mise en application au sein même des associations étudiantes.

D’entrée de jeu, nous tenons à souligner que nous appuyons la campagne “15-5-7” de l’IWW Montréal pour attaquer la précarité au travail de front. 15$ de l’heure, pour être au niveau du seuil de pauvreté et non plus en dessous. 5 semaines de vacances payées par année dès l’embauche, pour retrouver un peu de temps à nous et diminuer globalement le temps passé à travailler. 7 jours de maladie payés par année, dès l’embauche, parce qu’être malade, ce n’est pas un choix. Ce n’est qu’un gros minimum dans la lutte pour enrayer la précarité au travail. Ce devrait aussi être le gros minimum à offrir lorsqu’on veut embaucher une personne.

De base, on peut soulever le fait que plusieurs employé-e-s de permanences d’association étudiante ou de syndicat de l’éducation ont souvent le 15$ de l’heure d’acquis, mais pas nécessairement le reste. Le tableau est vraiment moins beau si on regarde du côté des employé-e-s de café étudiants (souvent au salaire minimum) et dans les coopératives étudiantes comme Coopsco. Quelle crédibilité a une association étudiante qui exige une mesure tout en ne l’appliquant pas dans son propre café? Il serait grand temps d’y remédier, et vite, sinon ces associations sont carrément complices de la précarité étudiante et ouvrière.

sttmaeLa précarité est loin de s’arrêter à ce niveau dans les milieux associatifs en éducation. En effet, la majorité des emplois offerts par les associations étudiantes et les cafés étudiants sont précaires par définition. Emplois à contrat déterminé, temps souvent très partiel, emplois atypiques ou sur appel, mises à pied durant l’été; si certaines de ces mesures peuvent satisfaire certaines travailleuses et certaines travailleurs, il faut dire qu’elles sont, plus souvent qu’autrement, une façon de précariser les employé-e-s. Si nous n’avons pas nécessairement de solution miracle à proposer face à ce genre de situation, il serait tout de même bien de se poser la question lorsqu’il y a volonté d’embaucher, et ne pas tenter de reproduire ce qui se fait dans l’entreprise capitaliste actuelle.

Toutes ces raisons sont celles qui nous ont poussé à nous organiser en tant que Syndicat des Travailleuses et Travailleurs des Milieux Associatifs en Éducation (STTMAE). En effet, à l’instar de plusieurs associations étudiantes, nous croyons au syndicalisme de combat pour faire valoir nos revendications et désirons nous organiser pour améliorer nos conditions de vie. Pour nous, il est temps de combattre la précarité présente même dans nos milieux progressistes. Nous adhérons également à une vision révolutionnaire du syndicalisme qui permet, maintenant, d’organiser la société de demain dans la coquille de l’ancienne.

Parce que nous aussi, vos employé-e-s, sommes tanné-e-s d’être pauvre!

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Lettre de l’éditrice sortante de l’Industrial Worker

Après 8 ans de loyaux services au poste d’éditrice du journal l’Industrial Worker (IW), la fellow worker Diane Krauthamer décida à l’automne 2016 de ne pas se représenter et de laisser la place à quelqu’un.e d’autre. Nous vous retranscrivons ici la lettre qu’elle a fait paraître dans la dernière édition de l’IW et la remercions chaleureusement pour tout ce qu’elle a fait. Nous profitons aussi de ces quelques lignes pour souhaiter la meilleure des chances à la fellow worker Roberta McNair, élue à majorité au référendum international pour le poste d’éditrice de l’IW pour le mandat 2017.


Fellow workers,
Après 8 merveilleuses années, cela aura été est mon dernier numéro en tant qu’éditrice de l’Industrial Worker. Bien que j’aie l’intention de continuer à travailler sur cette publication sur une base volontaire, je démissionne de ma position d’éditrice de l’Industrial Worker à la fin de 2016. Un-e autre camarade à être élu.e prendra ma place.

Lorsque j’ai commencé cet emploi au début 2009, je n’avais pas beaucoup d’expérience avec l’IWW. À cette époque, je vivais à New-York, aidant avec la section locale au soutien 
du Syndicat des travailleurs et travailleuses de Starbucks et des campagnes d’organisation dans les entrepôts alimentaires de Brooklyn et du Queens. Ma connaissance et mon expérience avec les Wobblies du monde entier étaient plutôt limitées.

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Diane Krauthamer, éditrice de l’Industrial Worker.

En devenant éditrice de l’IW, j’ai eu le plaisir d’échanger des histoires avec des centaines de camarades du monde entier, de gens travaillant dans diverses industries, occupant différentes fonctions et militant pour plusieurs causes axées sur le travail. Même si nos communications ne se résumaient qu’en quelques échanges courriel, c’était exaltant pour moi d’apprendre sur les différents projets, campagnes, événements, victoires d’organisation, expériences, opinions, et idées de chaque personne. Malgré des revers et des épisodes de surmenages occasionnels, j’ai toujours trouvé la motivation pour poursuivre mon travail sur l’IW et mon implication avec le syndicat a été un succès. Mon implication avec l’IWW continue d’être inspirée par les innombrables fellow workers qui gardent vivant le momentum de notre syndicat. J’aurais abandonné il y a longtemps si ce n’était pas de vous.

Bien que mon travail sur le journal soit bientôt terminé (pour l’instant), mon travail pour le syndicat est loin de l’être. Ma première priorité est de bâtir et de renforcer l’IWW. Au cours des années, j’en suis venue à réaliser que n’importe quelle tentative est futile à moins que nous nous battions contre toute forme de discrimination dans le processus. Et ceci est impératif si nous voulons voir croître notre force. Comme certain.es d’entre vous se souviennent peut-être, au fil des années passées, au travers de mon travail éditorial, j’ai encouragé les débats ouverts sur ces problèmes. Personnellement, je crois que le plus gros obstacle à la croissance de l’IWW est le sexisme, et je ne crois pas qu’agir comme si le problème n’existait pas va le résoudre. L’IW est la publication officielle de l’IWW, et en tant que tel, je crois que ça devrait être la mission de cette publication d’encourager la poursuite du dialogue qui peut nous aider à travailler sur ces problèmes complexes.

J’ai choisi d’inclure ces discussions dans les pages de lIndustrial Worker pour cette raison précise. Si nous sommes honnêtes sur qui nous sommes, nous devons être honnêtes sur comment nous pouvons nous améliorer. Les membres potentiel.les vont voir cela et vont vouloir se joindre à une organisation qui reconnait ses problèmes et travaille à les résoudre. Les ancien.nes membres pourraient même revenir dans l’organisation s’il.les voient que nous nous battons ouvertement contre une culture patriarcale à l’interne. Les membres actuel.les peuvent être contrarié.es à propos de l’opinion d’une personne, mais il.les peuvent aussi répondre et voir leurs opinions publiées, et c’est ce qui rend le dialogue efficace. De l’autre côté, les patron.nes qui lisent l’IW, ne sauront pas quoi faire face à une organisation aussi forte.

Alors que je passe le flambeau au prochain éditeur ou la prochaine éditrice de l’IW, j’encourage cette personne à incorporer une mission éditoriale semblable dans son travail au journal, tout comme je l’ai fait avec le mien. Pendant ce temps, je vais continuer de bâtir un syndicat plus fort et plus inclusif. Mes buts demeurent les mêmes, quelle que soit ma position. 

J’espère que mon travail à l’Industrial Worker vous aura inspiré, car le vôtre m’a très certainement inspiré.

En solidarité,

Diane Krauthamer

Éditrice de l’Industrial Worker.

 

 

Paru en version originale anglaise dans l’édition de l’automne 2016  de l’Industrial Worker, #1777 Volume 113 No.4. Traduction par Pierre-Luc G et correction par Coline G.

UN MILITANT DES IWW BLESSÉ PAR BALLE D’UN COUP DE REVOLVER À SEATTLE

Vendredi 20 janvier et samedi 21 janvier, il y a eu de nombreuses manifestations anti-trump et anti-capitaliste. Lors de celle qui passait par l’université de Whashington à Seattle, pour contrer et empêcher un discours pro-trump du fasciste Milo Yiannopoulos (suprémaciste blanc), un membre des IWW (confédération syndicaliste révolutionnaire) a reçu une balle à bout portant. Ci-dessous la traduction de l’appel de fond pour lui payer les soins et les probables frais de justice.

Le Comité de Rédaction du Monde Libertaire

Dans la soirée du vendredi 20 janvier, un de nos compagnons a été blessé d’une balle dans l’estomac dans le lieu le plus public du campus de l’Université de Washington à Seattle – un endroit appelé «Place Rouge» pour la couleur de ses briques plutôt que pour sa politique.

Ce fellow workers (c’est ainsi que les membres de l’IWW se désignent entre eux) est un militant anti-fasciste actif de longue date, membre des Industrial Workers of the World (IWW) et du Comité de Défense Générale (GDC) de l’IWW. Il est actuellement dans un état critique à Harborview Hospital à Seattle. Ils ont un centre de traumatisme de niveau 1, donc il est probable qu’il reçoive la meilleure qualité de soins disponibles, ce pour quoi nous sommes profondément reconnaissants.

Comment réagissons-nous ? Nous construisons une présence anti-autoritaire, anti-capitaliste, antiraciste, anti-sexiste et antifasciste élargie à Seattle, et cette personne était à la tête de cet effort. Est-ce que d’autres sont prêts à s’avancer et à le remplacer pendant qu’il guérit ?

Nous n’avons pas beaucoup de temps pour montrer au monde ce qui est clair pour nous : nous subissons une attaque armée. La droite fasciste sait où nous trouver – les manifestations anti-Donald Trump, ou les actions contre la brutalité policière. Dans les Villes Jumelles [Minneapolis et Saint-Paul] vient de commencer le procès d’Allen Scarsella, un des suprématistes blancs qui s’est rendu à la quatrième circonscription à Minneapolis en novembre 2015 et a ouvert le feu, tirant sur de nombreuses personnes.
Nous n’avons pas la confirmation que la personne qui a tiré sur notre compagnon était un contre-manifestant en colère contre ceux qui protestaient contre la détestable misogynie blanche nationaliste de Milo. Nous savons qu’il s’est rendu lui-même à la police plusieurs heures plus tard, en revendiquant la « légitime défense ». C’est bien sûr exactement ce que Scarsella a également fait.

Notre ami aura d’énormes frais d’hôpital et sans aucun doute des frais juridiques aussi. Il subira également une perte importante de revenus. Soutenons-le afin qu’il n’ait pas à s’inquiéter de ce genre de problème. S’il vous plaît donnez. Tout l’argent sera contrôlé directement et rien ne sera attribué à aucune autre cause, à l’exception des frais associés au service de collecte de fonds utilisés.

S’il vous plaît ne vous contentez pas de donner ; dites à vos amis, à vos familles et à vos organisations de donner. Cela peut sembler décourageant, mais voici pourquoi ils devraient le faire :
Il ne s’agit pas seulement d’un individu. Vos amis et vos familles savent que la situation a radicalement changé. Ils savent que les choses changent rapidement, et ils ont beaucoup entendu le mot fascisme depuis que Trump a été élu. Ils peuvent même soupçonner que le rythme effréné des révélations médiatiques et des décisions de l’exécutif vise à les distraire et à les faire se sentir impuissants.

Il s’agit de protéger ceux qui se sont déjà mis en avant pour nous protéger. Ceux qui se sont organisés pour nous et qui se sont engagés avant même Donald Trump ait été élu. Il s’agit de les protéger. Il s’agit d’encourager NOTRE côté à s’organiser pour se protéger, plutôt que de simplement solliciter la protection contre les fascistes et les racistes. Dont certains sont maintenant au pouvoir.

Nous devons leur assurer un soutien généralisé, et nous devons le faire au nom de l’anti-fascisme organisé. Nous devons démontrer que, indépendamment de notre propre analyse politique ou de notre identité – progressiste, libérale, de gauche, radicale, etc. – nous soutenons l’antifascisme et nous soutenons les antifascistes. Nous ne laisserons pas les nôtres en arrière. Nous soutiendrons les efforts antifascistes, surtout parce qu’ils sont plus nécessaires que jamais, et parce que ne pas les soutenir en ce moment crucial serait une catastrophe.

Merci de lire cet appel jusqu’au bout. Il est difficile d’entendre qu’un compagnon a été blessé par balle. Nous n’avons peut-être pas tout exprimé de la manière la plus organisée ou la meilleure, et si tel est le cas, veuillez accepter nos excuses.
Nous espérons que vous envisagerez de faire une contribution et peut-être écrire des lettres ou d’appeler le président de l’Université de Washington en exprimant votre soutien à la victime de la fusillade et aux manifestants, en exprimant vos critiques à l’égard de l’administration de l’Université Washington qui a autorisé un événement dont elle savait qu’il allait encourager la violence contre les groupes minoritaires. Maintenant, ils ont obtenu ce qu’ils auraient dû prévoir. Appelez ou écrivez au procureur du comté et exigez des poursuites agressives. Appelez les conseillers municipaux de Seattle et demandez-leur de publier une déclaration publique de condamnation des attaques violentes contre des manifestants antiracistes et antifascistes, et demandez-leur de soutenir notre compagnon.

Dites la vérité à vos voisins. Changez le récit que les médias vont essayer de vous présenter.

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SOURCE : https://www.crowdrise.com/medical-fundraiser-for-iww-and-gdc-member-shot-in-seattle

Traduction par le Monde Libertaire:
http://monde-libertaire.net/?article=Un_militant_des_IWW_blesse_par_balle_dun_coup_de_revolver_a_Seattle

Grèves contre l’investiture de Trump!

Si la multitude de memes et de parodies de la vidéo du leader suprématiste blanc Richard Spencer, se faisant frapper au visage, aurait à elle seule suffit à justifier toute la mobilisation entourant le fameux #J20 de l’investiture de Donald Trump, l’équipe du Combat Syndical, fidèle à son sérieux révolutionnaire tient néanmoins à vous présenter quelques-unes des grèves qui marquèrent cette journée nationale de contestation contre le nouveau porte-parole autoproclamé de la classe ouvrière.

Il nous semble important de parler de cette auto-proclamation, parce que si Trump a été élu par seulement 26% des voies, c’est dire que 74% de la population américaine n’a pas voté pour lui. Qu’on donc fait ces 74% d’Américains le 20 janvier? Si certain.es ont sans doute regretté Clinton, Sanders ou même Staline, nous saluerons ici les travailleurs et travailleuses qui se sont organisé.es pour faire entendre leur colère et leur refus de cautionner le populisme fascisant du 45e président.

Au port d’Oakland, en Californie, l’absence des travailleurs et travailleuses obligea la fermeture d’un des terminaux maritimes, suspendant temporairement la circulation des navires, bloquant complètement les activités de chargement et de déchargement et ralentissant les opérations de camionnage de manière telle, qu’un bouchon de circulation monstre se dessina dans les rues avoisinantes. Selon Mike Zampa, directeur aux communications pour le port d’Oakland, c’est près de 90% de toute l’activité portuaire qui fut arrêtée. Citant les syndiqué.es du Local 10 de l’International Longshore Warehouse Union, «Trump n’est pas la solution, il est le problème».

usastrikeAu même moment à Minneapolis et Saint-Paul dans le Minnesota, les concierges s’occupant du nettoyage de différentes succursales de Home Depot (on en compte une vingtaine dans la région métropolitaine), organisèrent une grève de 2 heures pour protester contre les bas salaires offerts par le sous-contractant les embauchant et l’agenda politique de Trump pour qui, l’un des problèmes de l’Amérique serait les salaires trop élevé. La veille les enseignant.es de la Saint Paul Federation of Teachers organisaient une manifestation appelant à protéger les étudiant.es et leurs familles. Et toujours dans le domaine de l’éducation, mais cette fois à Boston, les 375 employé.es de service de la Northeastern University arrêtèrent le travail pour aller rejoindre les différentes manifestations qui avaient lieu dans la ville.

Même le milieu des arts s’est joint au mouvement de contestation. Ainsi de nombreux musées comme le Queens Museum of Art et le Whitney Museum de New-York, le National Museum of American Indian de Washington, le Denver Art Museum ou le Boston Contemporary Art Institute, de même que de nombreuses galeries d’arts et de théâtres fermèrent leurs portes pour se joindre à la Grève des Arts à laquelle participaient déjà plus de 500 artistes du cinéma, de la musique, de la danse et de la sculpture.

Rappelant les nombreuses Grève des Femmes que connurent différents pays au cours de leur histoire, ce sont plus de 4 millions de femmes qui marchèrent dans les différentes villes des États-Unis, dont 1 million uniquement à Washington. Parallèlement, de nombreuses Marche des Femmes eurent lieu dans plus de 600 villes à travers le monde. Les organisatrices du Womens March parlent d’un grand total de 5 millions de marcheuses pour le 20 janvier.

Si la journée du 20 janvier ne marqua pas la Grève Générale que certain.es auraient aimé voir et qui, avouons-le, aurait été des plus appropriées, les nombreuses actions qui eurent lieu aux quatre coins des États-Unis et dont l’échantillon présenté ici ne compte que pour une infime portion, démontre néanmoins la volonté de combattre des travailleurs et travailleuses Américain.es. Des camarades de la section locale de Montréal étaient d’ailleurs à New-York la semaine dernière afin de discuter des possibilités d’organisation et de mobilisation pour un arrêt de travail massif. Une rencontre à laquelle plus de 80 personnes issues de différents regroupements autonomes, syndicaux et politiques ont participé.

La lutte continue, l’avenir nous appartient!

 

Mathieu Stakh

Entente conclue au Frite Alors! Rachel

Le vendredi 15 décembre 2016, les employé.es du Frite Alors! Rachel en sont finalement venu.es à une entente avec la partie patronale. Un virage majeur pour les wobblies qui reprennent ouvertement pignon sur rue à Montréal et une première pour le mouvement syndical qui voit naître de nouvelles manières de fonctionner en dehors des limitations du cadre légal.

Nous nous rappelons que le communiqué de presse envoyé le 27 août dernier pour annoncer leur affiliation au Syndicat Industriel des Travailleurs et Travailleuses – Industrial Workers of the World (SITT-IWW), incluait une liste de points qu’ils et elles voulaient voir changer sur leur lieu de travail. On y parlait entre autre d’augmentations de salaires en cuisine et au service, d’augmentations annuelles, d’une standardisation des formations, d’une priorité à l’interne lors de l’ouverture de nouveaux postes, d’un plancher d’heures garanties, d’une compensation pour les quarts de travail en stand-by et de congés maladie.

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Idées de lectures pour le temps des fêtes

Une histoire populaire des États-Unis – de 1492 à nos jours

on8vatziap“Make america great again”. Ce slogan de la dernière campagne électorale américaine, on
l’a tous et toutes vu sur les casquettes rouges
made in China. Pourtant, Une histoire populaire des États-Unis – de 1492 à nos jours de l’historien Howard Zinn dresse un portrait d’un pays qui n’a jamais été si fabuleux, à moins d’être un riche propriétaire blanc. En effet, l’auteur se penche sur les communautés généralement absentes des livres d’histoire. Il y est question des autochtones, des syndicalistes, des esclaves, des activistes pour les droits civils durant les années ‘80 et ‘90 et plusieurs autres groupes et luttes sociales. Évidemment, il y est question de l’IWW, de ses actions, de la solidarité qui y a toujours régnée, de la répression, des emprisonnements et des victoires notables du syndicat qui fut l’ennemi numéro un du gouvernement américain à une autre époque.  Lire la suite

Vol de salaire contrecarré dans Ahuntsic

Il y a quelques semaines, un employé en restauration, aide cuisinier, nous contactait car il avait des problèmes (sic) de paye avec son employeur. Sa boss lui réclamait un montant qu’elle lui avait versé en trop par mégarde, et plutôt que de lui signifier et prendre une entente avec lui, elle alla directement piger dans sa paye suivante sans l’en avertir. Et pas qu’un peu, plus des trois quarts de sa paye.

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Un restaurant chantant de New-York s’organise avec les IWW

C’est une nouvelle campagne du SITT-IWW, et des plus excitante, qui a été lancée à New York dernièrement. Les travailleurs et travailleuses du Ellen’s Stardust Diner à Time Square sont sortis publiquement vers la fin aout 2016. C’est sous le nom de Stardust Family United que ces travailleurs et travailleuses se sont réuni.es pour répondre aux conditions de travail dangereuses, aux congédiements arbitraires et au harcèlement au travail.

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La section Locale du SITT-IWW Montréal adhère à la déclaration commune contre les violences vécues par les femmes dans le logement.

Le 13 novembre dernier, les membres présent.es à la réunion mensuelle de la section locale intersectorielle du Syndicat Industriel des Travailleurs et Travailleuses -Industrial Workers of the World (SITT-IWW) de Montréal ont voté à l’unanimité d’endosser la déclaration commune contre les violences vécues par les femmes dans le logement.
Cette déclaration commune est une initiative du CEAF (Centre d’éducation et d’action des femmes), du CALACS de l’Ouest de l’île (centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel), du FRAPRU (Front d’action populaire en réaménagement urbain) et du RQCALACS (Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel).
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Action en Directe: Lettre ouverte aux membres de Radio Centre-VIlle

À la fin de l’été avec l’équipe d’Action en directe, nous avons décidé de prendre une pause d’une session pour mieux revenir sur les ondes à l’hiver 2017. Malgré ce retrait nous avons continué de suivre l’actualité de Radio Centre-Ville et cette actualité est plus que préoccupante!

Radio Centre-Ville traverse une crise, autant politique qu’économique. Nous vous partageons ici un communiqué, signé par plusieurs bénévoles.

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Des propriétaires d’entreprises chez les I.W.W. ?!?

Un complément de réflexion à l’article intitulé « être syndiqué IWW et travailleuse autonome » .

Il est vrai que le I.W.W. syndique tout le monde sauf les représentants de l’autorité étatique (policiers, magistrats etc) et les personnes en situation de pouvoir autoritaire sur d’autres travailleurs-euses ci-après nommés …les boss! Les employeurs en tant que propriétaire d’entreprise et leurs laquais que sont les gérants et autres cadres qui font ,selon ma compréhension, partie de la catégorie des « boss ».

Or qu’est-ce qu’un « travailleur autonome » ? N’est-ce pas un propriétaire d’entreprise ? N.. oui : Si on s’en tient uniquement à la définition que nous en donne l’économie libérale. Ce serait le cas à en juger par cette définition donnée sur le site éduca-Loi :

« En fait, le travailleur autonome et l’entreprise individuelle ne font qu’un, c’est-à-dire que le travailleur autonome exploite une entreprise et que cette entreprise est le résultat de son propre travail. Puisque l’on ne peut pas dire que le travailleur autonome est lui-même une « forme d’entreprise », on dit plutôt qu’il exploite une « entreprise individuelle» dont il est l’unique propriétaire. »

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Retour sur la Formation d’Organisation 101

Les 8 et 9 octobre derniers, le SITT-IWW Montréal a profité de la longue fin de semaine de l’action de grâce pour donner à une douzaine de ses membres une formation d’OT-101 (entraînement d’organisateur / organisatrice 101) en anglais à son local sur la rue Brébeuf, à Montréal.

La formation d’une durée de deux jours fut donnée par un organisateur des États-Unis et une organisatrice de l’Ontario, choisi-e-s de branches provenant de l’extérieur du Québec et ce, pour leur grande expérience. Ce choix permit aux quelques 12 personnes présentes de bénéficier non seulement d’une formation qui existe depuis longtemps et dont l’efficacité n’est plus à démontrer, mais aussi de l’expérience du formateur et de la formatrice qui fut très appréciée des participants et des participantes.
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Témoignage d’un.e membre de l’IWW Québec pour la journée internationale pour l’élimination de la pauvreté.

Voici un témoignage d’un.e membre de l’IWW-Québec:

«En cette journée Internationale pour l’élimination de la pauvreté, je ne peux que ressentir une profonde solidarité de classe envers celles et ceux faisant les frais des puissants. Provenant moi-même d’un milieu pauvre, je ressens depuis toujours dans mon corps et mon esprit le poids d’avoir à lutter contre les ravages et les traumatismes hérités de cette forme de violence : la violence économique. Selon moi, la pauvreté n’est pas une fatalité sortie tout droit de la nature, elle est planifiée par l’élite économique afin que ceux-ci conservent leurs privilèges et nous avons le pouvoir de la faire cesser.

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Être syndiquée IWW et être travailleuse autonome…

J’ai entendu à plusieurs reprises des questionnements sur l’enrôlement de travailleurs ou travailleuses autonomes au sein du IWW et j’aimerai y répondre en partie ici.

De 1, le IWW syndique tout le monde (sauf les patrons entre autres), autant les itinérant-e-s, que les prisonnier-e-s ou travailleurs et travailleuses du sexe que des étudiant-e-s ou chômeurs et chômeuses ou gen-t-es sur le bien-être social ou même encore toute personne travaillant dans une industrie particulière. Alors pourquoi pas les autonomes aussi. Ce sont, au final, des employé-e-s du système aussi.
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«Réclame Ta Paye» victorieux dans un restaurant du Mile End

J’ai travaillé à peine un mois pour un restaurant (Un Autre Restaurant) comme plongeur dans le Mile End. Ce n’était pas la job du siècle, on s’entend, mais ce n’était pas une souffrance extrême non plus. Pendant mon court séjour comme plongeur, j’étais discret et je faisais ma job correctement, sans plus. À ma première paie, j’avais remarqué qu’on m’avait payé 1$/heure de moins que promis et on avait unautre-0-0« oublié » de me payer 8 heures. Je suis aller réclamé mon dû et on m’a payé. Pour ma deuxième paie (et ma dernière en fait), j’ai dû attendre (et me battre) pendant un peu plus de 2 mois pour obtenir les 230$ qui y manquait. 

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Pratiques anti-syndicales au Frite Alors

En date du 12 septembre 2016, les travailleurs du Frite Alors de la rue Rachel n’ont plus le droit de recourir à d’anciens collègues pour se faire remplacer, a décidé le patron de la succursale Jean Jurdant. Cette pratique courante avait souvent permis à des travailleurs de la chaîne de se faire remplacer sans avoir à surcharger leurs collègues. Nous avons recueilli les propos de Félix Vincent Ardea, un ancien collègue qui a effectué à plusieurs reprises des remplacements pour les travailleurs du Frite Alors.

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Jean Jurdant en discussion avec les forces de police lors de l’occupation ayant résulté du congédiement illégal de Morgane M.P. le 31aout dernier.


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Mourir à petit feu: Épuisement professionnel et santé mentale dans le milieu communautaire

Bien qu’on n’en parle pas suffisamment, le sujet de l’épuisement professionnel dans le secteur public de la santé et des services sociaux ainsi qu’en éducation est connu et minimalement abordé par les syndicats de ces milieux. Quel est l’état de situation dans le milieu communautaire?

Des conditions de travail qui se dégradent

Malheureusement, la vision idéalisée qu’ont plusieurs personnes de notre travail est loin de coïncider avec la réalité. Les constats sont plutôt effarants : salaires peu élevés, conditions de travail précaires (heures supplémentaires non payées, contrats de travail de quelques mois seulement, absence d’assurances, absences de régimes de retraite, etc.), taux de roulement élevé, pression accrue du réseau institutionnel, surcharge de travail permanente, course au financement épuisante… La situation est loin de s’améliorer dans un contexte où le gouvernement coupe sauvagement dans le filet social. C’est sans oublier qu’un organisme peut vivre différentes crises internes qui minent encore d’avantage le climat de travail ; conflit avec la direction, harcèlement, pression des bailleurs de fond, etc.

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Organizer training 101 – Building an organizing committee!

(Traduction française plus bas)
October 8th and 9th. The training lasts 15 hours. Breakfast will be served at 8am and training will begin at 8:30 am on both days and end at 5pm. Lunch will also be served on both days! A suggested contribution of $20 will help to pay for the food.
This training will be in English. Whisper translation will not be available. We give priority to those who have mastered the language of the training session. Training will be offered in French later in the year.
This two day training aims to provide the necessary tools to organize a workplace via the establishment of an organizing committee, through direct action and trade union solidarity. A person who has completed this training will be able to organize a workplace by holding a union activity centered on empowering workers and fighting the obstacles they face, whether it be apathy, stress, anti-union activity or managerial.
You must register before October 3. It is crucial that individuals wishing to participate register. The number of participants is limited to 20 and members of the IWW-SITT will be prioritized.
*** TO REGISTER, CLICK HERE ***
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Faire des courbettes pour des subventions… et oublier la lutte sociale.

En ouvrant mon Facebook aujourd’hui je lis qu’un CEO(1) de Dunkin’ Donuts a qualifié de « scandaleux » (« outrageous ») la revendication du salaire minimum à 15$ de l’heure de la campagne actuellement en cours aux USA. Ce monsieur, disait-on, gagne lui-même un petit 4 889 $ de l’heure!

Vous me direz qu’il ne faut pas croire tout ce qu’on lit sur Facebook. C’est vrai. Il demeure que, selon les chiffres cités par Jacques B. Gélinas dans son livre La globalisation du monde, publié chez Écosociété en 2000, les hauts cadres des multinationales gagnaient en moyenne 500 fois le salaire de leurs employés !
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Occupation du Centre du commerce mondial

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – Pour diffusion immédiate

Fête du Travail? Les travailleuses et les travailleurs n’ont pas le cœur à la 14182325_10210450441843571_118274769_nfête!

Montréal, le 1er septembre 2016 – Le Syndicat Industriel des Travailleurs et Travailleuses (SITT-IWW Montréal) a tenu ce matin une action de visibilité au Centre de commerce mondial de Montréal. Tandis que le bureau du Ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation était occupé, une banderole était déployée dans le grand hall. Le slogan? « Austérité et précarité, pas de fatalité! Il faut lutter et riposter ».
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Retour sur la soirée d’introduction au SITT-IWW

Jeudi le 25 août dernier a eu lieu une soirée d’introduction au SITT-IWW Montréal au local du syndicat au 5323 rue Brébeuf, à Montréal. Une vingtaine de personnes étaient présentes, dont une quinzaine n’étaient pas encore membres de l’organisation et venaient pour en savoir plus, la plupart soit après nous avoir vu en action (notamment au Vieux Port) ou soit après y avoir été attiré-es par certain-es de nos camarades.

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Les employé.es du Frite Alors Rachel se syndiquent avec les IWW

Nous nous occupons de la préparation, de la cuisson et du service. Nous prenons en charge le ménage et la sécurité et lorsque quelque chose ne va pas, nous sommes les premières et premiers concerné.es, ainsi que les premières et premiers à répondre.

Nous considérons que cela devrait nous donner le droit de négocier nos conditions de travail et que ces conditions devraient inclure le respect et une vie meilleure.

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LE DÉNOMBREMENT

Le 24 mars dernier, à Montréal, à la demande de sa seigneurie Coderre, l’Institut Douglas
et le YMCA orchestraient un dénombrement de la population itinérante de la métropole.

Pas loin de 1000 bénévoles et employé-e-s mobilisé-e-s dans les rues, dans les centres
de jour, les hébergements d’urgence, etc, pour compter le nombre de personnes sans-abris. Un genre de sondage des pauvres, quoi. Un projet comme un autre qui coûte cher cependant, malgré les bénévoles. Mais bon, qu’importe.

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Sept mythes à propos de Postes Canada

Affiché le 30 juin 2016 sur rankandfile.ca
Par Doug Nesbitt et Dan Darah (traduit avec l’autorisation des auteurs)

Sous l’ombre d’un nouveau lock-out ou d’une nouvelle grève chez Postes Canada, le patronat cherche de nouveau à miner la confiance du public dans le service des postes public en faisant appel à une campagne de désinformation envers les travailleurs et travailleuses des postes. Voici sept mythes à propos de Postes Canada que vous entendrez répéter dans les journaux et à la télévision, autour de la table à manger ou lors de votre pause cigarette, et par des politiciens et des patrons. Une version de ce document est disponible (en langue originale) sous forme de tract ou d’affiche. Une bonne façon d’afficher votre soutien.
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La lutte pour les centres d’éducation populaire

Six centres d’éducation populaire, soit les Ateliers d’éducation populaire du Plateau, le Carrefour d’éducation populaire de Pointe Saint-Charles, le Centre éducatif et communautaire René-Goupil, le Comité d’éducation aux adultes de la Petit-Bourgogne et de Saint-Henri (CEDA), le Comité Social Centre-Sud et le Pavillon d’éducation communautaire Hochelaga-Maisonneuve, ainsi que deux organismes (La Maison St-Charles et La Maison du Partage d’Youville), risquent de fermer leurs portes à la fin de leurs baux en plus de voir leur financement baisser.
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Grève victorieuse chez les IWW, TTX Maryland vire son patron!

Des travailleurs et travailleuses de l’industrie des technologies informatique du Maryland lancent une grève avec le SITT-IWW et congédient leur patron!

FREDERICK, MD- Les travailleurs et travailleuses de True Technical Experts LLC (TTX) un sous-contractant en Technologie Informatique pour des détaillants majeurs, ne pouvaient savoir jusqu’où les emmènerait leur aventure lorsque le 26 mai dernier ils entrèrent en grève une bonne fois pour toutes. Les travailleuses et travailleurs ont alors soumis une liste de demandes qui incluaient un ajustement de leurs salaires au standard industriel, des heures régulières, la fin du harcèlement et des vols de salaires et la reconnaissance du SITT-IWW.

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Solidaire des arrêté-e-s de la Loi Travail

En solidarité avec celles et ceux qui ont lutté et qui luttent encore contre la Loi Travail et « son monde », le SITT-IWW Montréal a organisé une soirée de financement afin d’aider le groupe de Défense Collective (DefCol) de Paris, et ce en offrant un soutient moral et financier aux personnes arrêté.e.s et/ou incarcéré.e.s en lien avec le mouvement qui a débuté ce printemps. Ce montant est bien entendu symbolique, mais il représente une solidarité internationale qui doit être maintenue afin de combattre le système qui nous affame et qui nous plonge dans la précarité.

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C’est un drôle de milieu de travail, que celui du communautaire.

Bien ancré dans son environnement, on est ici en contact constant avec la population, à lui scruter l’épiderme, à lui éplucher le moral dans ses tréfonds. Accompagnement, soutien, services en tout genre, empowerment, name it, les intervenant-e-s marchent côte à côte avec leurs gens. Et pas que pour les moments de liesse, est-il nécessaire de le mentionner? C’est un lien privilégié, gagné par la confiance, tissé serré. Conséquemment, outre les populations concernées, les employé-e-s du communautaire sont de fait les plus à même d’observer et comprendre la source de nombre de problématiques sociales. Et donc d’y
apporter des solutions, ou d’en soutenir les initiatives. Mais cela, tant et si bien qu’une certaine marge de manœuvre est permise.

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Ce n’est pas facile d’être une femme organisatrice

Au cours de la dernière année, je suis devenue active politiquement. Je suis passée d’une méconnaissance totale de la politique radicale à une implication dans l’organisation du travail à Miami, selon une perspective anarchiste. Ce fut à la fois un difficile et valorisant parcours, mais mon genre semble constamment me hanter. Je ne suis probablement pas la première femme ayant vécue cette expérience, mais je crois devoir faire la démonstration du fait qu’il s’agit d’un problème réel, tout en offrant mon point de vue personnel afin que d’autres femmes puissent avoir un point de référence au sein de leurs propres luttes.

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Un Syndicat? Pourquoi faire?

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on jase pas mal de syndicalisme ces temps-ci dans le milieu communautaire. Évidemment, c’est loin de faire l’unanimité. Si c’était le cas, on se serait regroupé depuis belle lurette! Raison de plus pour s’attarder à quelques-uns des questionnements qui surgissent au fil des discussions avec des camarades et collègues de travail.

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Je suis serveuse, en quoi le 15-5-7 ça me concerne? Et comment y arriver?

Depuis que j’ai 14 ans, je travaille dans l’industrie de la restauration. Ça veut dire que depuis que j’ai 14 ans j’en ai vu de toutes les couleurs de passe droit et de salaire de merde. Mais j’ai eu de la chance, j’ai commencé hôtesse et ai toujours eu un peu de pourboire. Arrivée à l’étape de l’appartement, j’étais serveuse, ce qui me garantissait un coussin financier confortable.

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Aperçu du camp de formation 2016

Au début du mois de juin eu lieu la deuxième édition du camp de formation des IWW, rassemblant des membres des sections de Montréal, Québec et Sherbrooke. Ce camp, organisé par le comité Événements-Marchandise de la section de Montréal, avait pour but de créer un moment propice aux discussions et aux débats, ainsi que de tisser des liens avec les autres membres et faciliter l’intégration des nouveaux et des nouvelles. Ainsi, du vendredi au dimanche, une cinquantaine de wobblies se sont rassemblé-es pour participer à des ateliers, discuter, échanger et passer du bon temps autour d’un feu de camp.

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TRAVAIlLEUSES ET TRAVAILLEURS DU COMMUNAUTAIRE (Ré)AFFIRMONs NOUS!

Les questions concernant les problèmes au travail font souvent échos à des conflits sur le lieu de travail ou des difficultés ponctuelles. Ceci est quelque peu trompeur dans la mesure où l’on en oublie des problématiques qui sont malheureusementdominantes dans le communautaire. Certes, les conditions de travail, les relations avec les collègues et les employeurs sont primordiales. Cela n’empêche cependant pas d’être confrontés à une difficulté plus généralisée comme la précarité.

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Se solidariser dans une industrie où la performance est la valeur de base

Sans solidarité, pas d’organisation

Comme militants et militantes syndicaux, on le sait que la solidarité de classe est à la base du mouvement, que, pour s’organiser, les travailleurs et travailleuses doivent trouver une solution collective à un problème et que pour ce faire, il faut se tenir les coudes parce que même si le problème nous regarde pas directement, il nous concerne nécessairement. Si on veut y aller dans un exemple concret, une augmentation de salaire d’une personne en particulier peut être facile à chercher individuellement, mais si on veut que tout le monde ait la même augmentation, la meilleure façon est d’y aller ensemble.

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Pour avoir le 15-5-7, pas de fatalité, il faut s’organiser et lutter!

S’il va sans dire que le mouvement pour le 15$ de l’heure au Québec n’a pas encore atteint le stade de mobilisation et de visibilité qui lui fut accordé aux cours de la dernière année, il a tout de même réussi à s’inscrire comme une partie intégrale de la stratégie de plusieurs regroupements communautaires et syndicaux.

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Travailler Intelligemment

Lorsque l’on évoque des idées libertaires et d’autogestion cela est malheureusement trop souvent perçu comme une utopie, d’autant plus quand il s’agit du travail. On oublie qu’il existe cependant des organisations fondées sur ces principes. Certes, s’approcher de ceux-ci n’est pas sans imperfections, mais il n’est pourtant pas impossible d’appliquer certains fondements y compris au travail.

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Exploitation carcérale, riposte syndicale!

Les prisonniers et prisonnières forment depuis de nombreuses décennies déjà la ligne de front d’un système de production basé sur l’esclavage. Coincé.es entre quatre murs pour la durée de leur peine, ils et elles sont souvent forcé.e.s de travailler pour des salaires dérisoires et dans des conditions inhumaines. Sous le couvert du mensonge voulant qu’ils et elles rendent à la société ce qu’ils et elles lui auraient pris ou à tout le moins qu’ils et elles contribuent à rembourser ce qu’il coûte de les maintenir en détention, le complexe carcéral américain offre de plus en plus régulièrement les services de cette main d’œuvre à faible coût à des compagnies privées.
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Grève avec le SITT-IWW dans les technologies informatiques du Maryland!

Des travailleurs et travailleuses de l’industrie des technologies informatique du Maryland lancent une grève avec le SITT-IWW et déposent plusieurs plaintes pour pratiques déloyales !

FREDERICK, MD- Les travailleurs et travailleuses de True Technical Experts LLC (TTX) un sous-contractant en Technologie Informatique pour des détaillants majeurs, ont fait la grève le 26 mai dernier demandant l’arrêt du vol de leurs salaires et du harcèlement et que leur syndicat, le Syndicat Industriel des Travailleurs et Travailleuses – Industrial Workers of the World (SITT-IWW), soit reconnu. Les travailleuses et travailleurs ont soumis une liste de demandes qui incluent un ajustement de leurs salaires au standard industriel, des heures régulières, et une promesse formelle de la part du propriétaire de la compagnie, David Gerlak, que toute forme de harcèlement cesserait.. Les travailleurs et travailleuses SITT-IWW de TTX ont fait grève deux fois ces deux derniers mois pour des salaires non payés, gagnant chaque fois leurs salaires en arrérages et ce, bien que Gerlak refuse de reconnaître le syndicat. Quelques minutes après avoir été contacté par un représentant du SITT-IWW, Gerlak déclara avoir mis à pied deux employé.e.s en grève, une violation très claire de la loi fédérale du travail.

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Proposition syndicale pour un communautaire solidaire

Le milieu communautaire s’en prend plein la gueule. Soit dans nos propres organismes ou chez nos alliés, on connaît quasiment toutes et tous des gens qui n’ont plus accès à certaines ressources, une personne dont le poste a été coupé ou des organismes menacés de fermeture. Et ce, dans tous les secteurs du communautaire..

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Le SITT-IWW appuie l’arrêt de travail dans le milieu carcéral du 9 septembre 2016

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CONSIDÉRANT que le Free Alabama Movement, le Free Virginia Movement, et d’autres groupes de prisonniers et prisonnières révolutionnaires à travers les États-Unis ont répondu à l’appel d’un arrêt de travail coordonné à l’échelle nationale le 9 septembre 2016, et 

CONSIDÉRANT que des membres du SITT-IWW sont en prison et que ces membres et leurs allié-e-s sont sur la ligne de front dans le combat contre le système carcéral de l’intérieur.

QUE le Conseil Exécutif Général appuie l’arrêt de travail du 9 septembre 2016 avec ces mots :

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