Un premier Starbucks syndiqué au Québec

starbucks_syndicatQuébec, 14 juillet 2009 – Lundi matin, le syndicat des travailleurs et travailleuses de Starbucks, affilié aux Industrial Workers of the World (IWW), a déposé une demande en accréditation syndicale auprès de la Commision des relations de travail, pour représenter les employés du Starbucks Germain-des-Prés, dans l’arrondissement Ste-Foy, à Québec. Les récents changements au système de gestion des horaires et les nouvelles exigences de l’employeur quant aux disponibilités des employés ont finalement convaincu les quelques quinze baristas, principalement des étudiants, de se regrouper pour défendre leurs intérêts face à un employeur inflexible et arrogant.

« Starbucks, c’est un peu le MacDonald’s du café. Les emplois sont précaires et mal payés, mais jusqu’ici, au moins les horaires de travail étaient flexibles, ce qui convenait aux étudiants qui y travaillent », commente Simon Gosselin, membre du syndicat. « La clause qui imposera un minimum de 24 heures de travail par semaine pour les chefs de quart et 16h pour les baristas est le cheval de bataille de notre syndicat. C’est un changement brutal qui fera en sorte que les 6 chefs de quart actuels devront être rétrogradés, ce qui implique pour eux une baisse de salaire de 10% et la perte de leurs avantages actuels », poursuit-il.

Starbucks est depuis 2004 la cible d’une campagne d’organisation menée par les Industrial Workers of the World, un syndicat alternatif implanté principalement aux États-Unis, mais aussi au Canada, en Grande-Bretagne et en Australie. « Starbucks prétend être un employeur socialement responsable, respectueux des collectivités et contribuant au développement économique », nous dit Mathieu Jean, porte-parole des IWW. « Avec ses emplois précaires et mal payés et de fréquents accrocs aux normes minimales du travail, Starbucks a plutôt tendance à appauvrir les communautés et à tirer les conditions de travail vers le bas», ajoute-t-il.

En effet, malgré les prétentions de l’entreprise, la multinationale du café a été 17 fois trouvée coupable de violation des droits syndicaux de ses travailleurs pour la seule ville de Minneapolis, et a été condamnée pour ses pratiques antisyndicales par le National Labor Relation Board, un organisme du gouvernement américain. En décembre dernier à New-York, la compagnie a été trouvée coupable de 30 chefs d’accusations similaires qui pesaient contre elle. Et plusieurs autres causes du genre sont pendantes.

« Nous n’avons pas l’intention de nous laisser intimider par l’employeur, et s’il veut jouer dur, il trouvera à qui parler », déclare Mathieu Jean. « Mais Starbucks a maintenant l’occasion de nous démontrer que ses prétentions sociales sont autre chose qu’une coquille vide. La balle est maintenant dans leur camp » conclut-il.

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