Ça brasse en Iran !

Iran en lutte

Cocktails molotov contre les brutes du régime à Gonbad-e Qabus

Reprenant une dépêche de l’Iran News Agency, Persian2English indique qu’à Gonbad-e Qabus (ville d’un peu plus de 100 mille habitants, province du Golestan, au nord-est du pays, non loin de la Mer Caspienne et de la frontière avec le Turkménistan) la jeunesse affronte les forces répressives à coups de cocktails molotov.

Les rues de la ville était pleine de monde à l’occasion du 22 Bahman, et un jeune interrogé raconte : « Nous jetons des cocktails molotov, brisons les vitres et nous nous levons contre le gouvernement. Le régime a instauré la loi martiale et a très peur de nous ».

Affrontement avec les policiers au carré Sadeghie, à Téhéran

Toutes premières informations du 11 février

Hier (nuit du 10 au 11 février), on entendait à nouveau des protestations nocturnes et des cris « mort au dictateur ! » depuis les toits de Téhéran.

En plus de différentes informations sur les mouvements des forces répressives, Street Journalist indique ce matin :

– Tabriz : Une foule importante se rassemble vers le bazar et la rue principale pour protester à 9 h 25 (heure locale comme toutes les heures indiquées dans cet article).

– Téhéran : A 10 heures 15, Ahmadinejad arrive Place Azadi pour ouvrir la cérémonie officielle. Dans le coin Est de la Place Azadi, des slogans sont criés comme « nous sommes innombrables », on apprend aussi qu’une foule se déplace depuis la place Sadeghieh vers Azadi en criant « mort au dictateur ! ».

Des affrontements sporadiques sont notées autour de la Place Azadi et de la Place Sadeghieh sont notés vers 10 heures 30.

10 h 35 : Selon une source non encore confirmée, des femmes auraient retiré leurs voiles dans plusieurs quartiers de Téhéran.

10 h 45 : De grandes foules de maifestant(e)s se déplacent depuis Apadana, le domicile de Sohrad Arabi (un manifestant tué par les forces de répression en juin) vers la place Azadi et la rue Mohammad Ali Jenah. On note les premières arrestations.

10 h 52 : Affrontements violents entre le peuple et les forces répressives rue Asharafi Esfahani. Des gaz lacrymogènes sont tirés et on entend des coups de feu.

La contestation en province

Article du Figaro du 11 février 2010 qui, même s’il se focalise sur l’opposition réformiste, est intéressant parce qu’il montre comment la contestation gagne y compris des petites villes de province.

À Birjand, près de la frontière afghane, un étudiant témoigne de la mobilisation croissante contre le régime.

Mohammad, 23 ans, n’aurait jamais imaginé pouvoir «convertir» Hamed, son vieux copain de classe. À Birjand, ville de 160 000 habitants située dans l’est de l’Iran, les bruits courent vite et, chez les opposants, la prudence est de rigueur. Quand les deux étudiants se croisent, par hasard, l’été dernier, cela fait neuf ans qu’ils ne se sont pas revus. La discussion tourne inévitablement autour de la politique. Le premier vient de voter pour Mir Hossein Moussavi, le second, issu d’une famille conservatrice, a choisi Mahmoud Ahmadinejad. Ni l’un ni l’autre ne s’attendait à ce que le scrutin débouche sur une crise politique aussi profonde. Mais pas pour les mêmes raisons. «Hamed était persuadé qu’il n’y avait pas eu fraude. Selon lui, les pro-Moussavi n’étaient que des bandes de casseurs, prêts à tout saccager parce que leur candidat n’avait pas été élu», se souvient Mohammad, qui étudie l’ingénierie.

Désobéissance civile

Convaincu, pour sa part, de la triche électorale, il hésite d’abord à en parler à son camarade. D’autant que, dès l’annonce de la réélection contestée d’Ahmadinejad, il a fait partie des premiers mécontents à descendre dans la rue. La répression est immédiate : les forces de l’ordre chargent la foule et un professeur, Mohammad Reza Agha Ebrahimi, est arrêté. Située près de la frontière afghane, où les pasdarans bataillent avec les trafiquants de drogue, Birjand est une cité sous haute surveillance. Cinq bases militaires y sont implantées. «Depuis le scrutin du mois de juin, les miliciens bassidjis patrouillent les rues à moto et les forces antiémeute bloquent régulièrement l’accès à la place du 1er Modarres», raconte Mohammad dans une interview réalisée par courriel. Sans compter la chasse aux «antennes paraboliques», qui a récemment repris.

Mais, comme de nombreuses villes de province, Birjand accueille aussi cinq universités, berceau d’une discrète mobilisation estudiantine à laquelle Mohammad succombe rapidement. «Avant les élections, je n’avais qu’un rêve : partir étudier à l’étranger. Je m’imaginais au bord d’une piscine en train de siroter un soda. Aujourd’hui, je ne pense qu’à une chose : me battre pour regagner ma liberté volée !», dit-il. Pour éviter les coups de griffes du «comité disciplinaire» de son université, c’est hors campus qu’il se met alors à surfer sur cette «vague verte» – couleur de l’opposition – qui déteint rapidement sur de nombreuses villes de province comme Birjand. Ses armes sont pacifiques : des rubans verts distribués aux copains, des billets de banques sur lesquels il griffonne des slogans comme «Mort au dictateur !» ou «Ya Hossein Mir Hossein !». Autant de techniques de «désobéissance civile» puisées sur Internet, qui lui permet également d’accéder aux communiqués de Mir Hossein Moussavi, disponibles sur le site kalame.org, de les imprimer, puis de les distribuer de maison en maison. Comme de nombreux Iraniens, Mohammad possède, aussi, sa page sur Facebook, véritable plate-forme de cette opposition iranienne informelle, sans véritable leader. «Par contre, il est trop dangereux de faire des tags antigouvernementaux sur les murs, comme à Téhéran. Nos téléphones portables sont également sur écoute», précise-t-il. «Du coup, on privilégie le bouche-à-oreille, y compris avec les Iraniens prorégime.»

«Désastre économique»

Un jour, alors qu’il tombe à nouveau sur Hamed, il se décide enfin à lui parler sincèrement. «Je lui ai cité des exemples de violation des droits de l’homme, je lui ai parlé du danger de l’islam fasciste», raconte-t-il. Et puis, pour Mohammad, «trop peu de gens sont conscients du désastre économique du premier mandat d’Ahmadinejad. En cinq ans, le prix du kilo de pommes de terre a presque triplé et des usines locales ont dû mettre la clef sous la porte», insiste-t-il. À la fin de la conversation, il lui glisse un DVD dans la main. Le disque contient des vidéos prises par des manifestants, et postées sur YouTube, où l’on voit des miliciens s’attaquer violemment aux protestataires. «Il n’avait pas l’air convaincu», concède Mohammad.

Pendant plusieurs mois, il n’entend plus parler de lui. Ni courriel ni coup de fil. Le 7 décembre dernier, une manifestation est à nouveau réprimée, à l’occasion de la «journée de l’étudiant». Dans sa course-poursuite avec les forces antiémeute, Mohammad reconnaît, au loin, un visage familier parmi les protestataires. À sa grande surprise, c’est son vieux copain Hamed. Il y a quelques jours, les deux étudiants se sont à nouveau revus. «Il m’a confié que depuis notre discussion, ses parents ont rejoint le mouvement. Et dans la ville d’Abadan (sud de l’Iran) où il étudie, il distribue, à son tour, des DVD», raconte Mohammad. «Je n’arrive toujours pas à réaliser qu’il est passé au vert !»

Affrontements dans plusieurs quartiers de Téhéran

La télévision « Al Arabiya » souligne à l’instant que plusieurs accrochages ont opposé l’opposition iranienne aux forces de l’ordre, dans plusieurs quartiers de Téhéran, pourtant bien quadrillé. Les opposants ont brandi les drapeaux verts pendant que le président Ahmadinedjad prononçait son discours.

On apprend également que les miliciens (Bassidj) ont agressé l’ancien président réformiste Mohamed Khatami, et s’en sont pris à sa voiture.

Street Journalist (en heures iraniennes) :

11 heures 45 : Affrontements sporadiques autour de la place Baharestan et les rues aux alentours dans le centre de Chiraz.

12 heures 15 : Les forces de police ont ouvert le feu à Arya Shahr (Téhéran). Selon un journaliste de Jaras, les forces de répression ont attaqué le rassemblement avant midi et tiré sur les manifestants. Suite aux tirs, la foule a commencé à scander : « Khamenei est un assassin, son règne est illégitime ! ».

12 heures 20 : Les forces de sécurité empêchent les gens de rejoindre les places Enghelab et 7 Tir (Téhéran). Un groupe important de personnes se déplace dans les rues menant à la place Enghelab.

12 heures 30 : Fin du discours d’Ahmadinejad Place Azadi à Téhéran. Tout au long de son discours, les cris « menteur ! menteur ! » ont pu être entendu plusieurs fois depuis la foule. Affrontements sporadiques dans les rues autour de la Place Azadi.

Freedom Messenger (heures iraniennes) :

10 heures 15 : Selon des nouvelles de Téhéran, des rassemblements massifs se tiennent Place Imam Hossein (Téhéran). La foule se déplace vers la place Azadi en trois groupes séparés. Les manifestants continuent leurs slogans malgré les menaces de la police.

11 heures 40 : Rapport d’un témoin : « à 11 heures, heure locale, de larges foules marchent vers la place Enqelab, et les avenues Azadi et Enqelab (Téhéran) depuis tous les coins de Téhéran. Les chants « mort au dictateur » résonnent à travers la Place Azadi. Quelques manifestants ont été arrêtés vers cette zone. »

Les forces de sécurité ont attaqué la foule des manifestants à Arya-Shahr (Téhéran) et ont ouvert le feu. Plusieurs personnes ont été blessées suite aux tirs. Cependant, la foule ne s’est pas dispersée et continue à chanter des slogans. Les forces de sécurité tirent directement sur les manifestants. Il y a une très forte présence des forces militaires et de renseignement dans les rues de Téhéran.

On note aussi qu’une foule se dirige vers la prison Evin à Téhéran.

Affrontements à Chiraz et Mashhad

11 heures 20 : Plus de 20.000 manifestants ont occupé la rue Paramount vers le cinéma Saddi, chantant des slogans comme « mort au dictateur », « mort à Khamenei », « mort au leader suprême ». Les forces de sécurité du gouvernement ont fermé les deux extrémités de la rue et utilisent des gaz lacrymogène pour disperser la foule. Des affrontements sont signalés tout autour du cinéma Saadi au centre de Chiraz.

Des rapports venant de Chiraz indiquent que des affrontements sporadiques éclatent autour de la Place Setad et dans les rues proches au centre de la ville. Les forces du régime utilisent des balles de paintball pour marquer les manifestants.

Des rapports de Mashhad (Est de l’Iran) indiquent des affrontements Place du 15 Khordad et dans le quartier Taghi Abad entre la population et les milices du basidj

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