Postes Canada: Profits record de 443 millions$ tirés de l’exploitation et l’intimidation des syndiqué-e-s

« Tout ce que nous voulons maintenant, c’est que Postes Canada s’en souvienne lorsqu’elle se présentera à la table de négociation. De la même manière que le public mérite un bon rendement financier de la part de sa société d’État, les travailleurs et travailleuses des postes et la population méritent leur juste part des profits. »

-Denis Lemelin, président du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP)

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Voici une reprise libre de deux ( 1 , 2 ) communiqués du STTP du 18 août:

Selon le rapport annuel de la Société canadienne des postes (SCP), malgré la diminution de 1,8 % des volumes globaux par rapport à 2009 et la lente reprise économique, l’année 2010 a enregistré un bénéfice net de 443 millions $, surpassant ainsi son record précédent de 281 millions $, réalisé en 2009.  Cette performance a en retour permis à la Société d’afficher un taux de rendement de son avoir de 21,8 %. Selon Denis Lemelin, président National du STTP, « ceci représente une très bonne nouvelle pour la population, propriétaire de la société d’État. »

Travailler plus… pour plus de précarité

Toujours selon ces communiqués, Postes Canada doit ce succès en grande partie à l’augmentation de la productivité des travailleurs et travailleuses des postes. Par exemple, entre 2007 et 2010, le nombre d’heures rémunérées pour le traitement du courrier a diminué de 15,9 %, tandis que le volume de courrier n’a diminué que de 10,2 %.

Des profits tirés de l’intimidation et du mensonge

Postes Canada aurait pu miser sur le succès de 2010 en traitant les travailleurs et travailleuses avec respect et dignité et en leur partageant les avantages de la hausse de productivité. Elle a plutôt préféré s’en tenir à une stratégie de négociation arrogante et irresponsable, tant avec les membres de l’unité urbaine qu’avec ceux de l’unité rurale.

Après avoir tenté sans succès d’intimider les travailleurs et travailleuses de l’unité urbaine pour qu’ils acceptent des reculs, Postes Canada a déclaré un lock-out national qui a duré deux semaines et qui lui a coûté des centaines de millions de dollars. Durant ces négociations, Postes Canada n’a cessé de répéter que la baisse des volumes de la poste-lettres dépassait 17 % entre 2006 et 2011, mais le rapport annuel indique une baisse de 11,6 % seulement.

La convention collective des travailleurs et travailleuses de l’unité urbaine et celle de l’unité des factrices et facteurs ruraux et suburbains (FFRS) n’ont toujours pas été réglées. Une autre ronde de négociation commencera cette année pour les FFRS.  Dans ce cas, Postes Canada fait tout ce qu’elle peut pour retarder l’arbitrage de différend en cours et refuse de verser un paiement de rétroactivité pour une hausse salariale qui, de l’avis même des deux parties, aurait dû être versée aux FFRS en 2010.

Malgré tout, le STTP garde espoir : « Il est encore le temps de se rattraper »

Au lieu de continuer de s’attaquer aux droits et aux avantages sociaux des employées et employés qui lui permettent de réaliser des profits records, Postes Canada devrait s’asseoir avec le Syndicat et reprendre les négociations. Comme le démontre le succès des 16 dernières années, nous n’avons pas besoin qu’un arbitre nous impose une convention collective qui sera la source d’incessants conflits. Grâce à la libre négociation collective, Postes Canada peut aujourd’hui se vanter de faire partie des administrations postales les plus efficaces au monde. Elle doit poursuivre dans cette voie.

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