Pensez-y (partie 1)

Ce qui suit est la première partie d’un texte de pamphlet d’introduction écrit par un camarade travailleur membre de la section IWW de Portland, Oregon, Tim Acott. Text in English here.

La Solidarité

Dans l’économie d’aujourd’hui les travailleurs et travailleuses n’ont qu’une véritable option : résister de toutes leurs forces au programme d’accroissement de pauvreté qui leur est imposé par les grandes entreprises. Pour la première fois dans l’histoire moderne, les profits augmentent tandis que les salaires et avantages baissent. Dans le passé, les deux ont toujours été liés, même si c’était de manière inégale. Mais la donne a changé. Un appauvrissement de pire en pire est en vue si nous ne nous soulevons pas contre ce courant. Les conditions que nous voyons aujourd’hui en Asie et en Amérique centrale sont une bonne indication du futur de nos propres vies de travail dans les “Démocraties occidentales.”

Nous n’avons qu’un seul espoir : celui de surmonter ce raz-de-marée de misère. Cet espoir, cet outil, c’est la solidarité. Chaque travailleur et travailleuse doit se battre chacun-e pour l’autre, peu importe où on vit ou d’où on vient, peu importe si on est femme ou homme, jeune ou âgé-e, nous devons nous tenir ensemble. Chaque perte d’un-e travailleur ou travailleuse est une perte pour nous toutes et tous, et chaque gain par toute partie de la classe ouvrière est pour nous toutes et tous une victoire.

Nous devons nous tenir ensemble. Nous devons refuser de traiter et d’acheter des marchandises de scab et de traverser des piquets de grève. Nous devons tendre la main au-delà des frontières, et par-delà les océans. Nous devons soutenir chaque lutte ouvrière comme si c’était la nôtre, parce que c’est exactement le cas.

Ensemble, nous pouvons gagner. Ensemble, nous pouvons faire de la Terre un monde meilleur pour vivre, pour élever nos enfants, et pour passer notre vieil âge.

L’Action directe

L’Action directe peut être définie comme l’usage de tout outil, tactique, ou stratégique que vous pouvez contrôler vous-même. Cela signifie utiliser des tactiques qui adressent directement votre problème. C’est direct et simple, et vous pouvez y faire confiance. Cela fournit des succès ou échecs selon la qualité de l’idée, la force avec laquelle elle est appliquée, et si les circonstances sont opportunes.

Voter pour des candidats qui promettent de réparer des problèmes à votre place n’est pas une action directe, tout comme manifester symboliquement pour obtenir une place dans la presse, et dans l’espoir de bâtir un soutien ou de la sympathie pour votre cause, et cela, peu importe les tactiques employées lors de votre manifestation. Par contre, faire la grève, ralentir le travail, s’asseoir au boulot ou marcher durant un piquet de grève avec un-e camarade d’un autre métier, d’un lieu de travail différent, d’un pays différent, ça c’est de l’action directe.

Ça ne prend qu’une brève étude de l’Histoire pour voir que tout ce qui nous est donné peut être retiré. Les seuls gains que nous pouvons espérer obtenir sont ceux que nous prenons et que nous défendons par nos propres mains et cœurs. Ces miettes qui nous sont jetées de temps à autre par les riches et leurs gouvernements finissent toujours par être retirées.

Le gouvernement sert les intérêts de la classe dirigeante, et le fera toujours. Nous pouvons nous attendre à la même chose dans le futur – une miette de temps en temps peut-être, pour nous embrouiller et affaiblir notre fermeté, mais plus souvent par les bottes, les matraques, et le claquement lourd des portes de cellules. Action directe plus solidarité égale succès.

Les seules tactiques de lutte et de défense auxquelles nous pouvons nous fier sont celles que nous, le peuple travailleur, contrôlons. L’action directe, ça marche. Pour nous défendre, nous devons nous lever ensemble et se battre les un-e-s pour les autres.

Chaque travailleur et travailleuse a besoin d’un syndicat

Dans les dernières années, l’adhésion syndicale a régulièrement baissé. Il n’est pas vraiment surprenant de constater que la plupart des gens qui travaillent aujourd’hui n’aient plus tellement confiance dans le syndicalisme, compte-tenu du caractère bureaucrate du mouvement syndical, et la fréquence de ses capitulations.

Néanmoins, le besoin de bâtir une organisation travailleuse persiste pour défendre et perpétuer les intérêts des travailleurs et travailleuses au travail. Ça c’est du syndicat. Nous en avons besoin. Et personne ne le fera pour nous. Les partis politiques courtiseront nos votes et nos dons, mais en vrai c’est l’argent qui parle, et pour le moment ce sont les patrons qui ont cet argent. Le patronat fait chanter la politique. Nous, notre seule option c’est le syndicat.

Nous devons bâtir ces syndicats correctement. Nous devons les construire pour qu’on puisse les contrôler, afin que nous puissions leur faire confiance en sachant qu’ils servent uniquement nos intérêts – non ceux des patrons, des bureaucrates, et des politiciens pourris. Cela signifie la démocratie syndicale : des représentant-e-s élu-e-s et directement révocables par l’adhésion ; des actions et grèves contrôlées, décidées, et réglées par les travailleurs et travailleuses eux- et elles-mêmes ; et une transparence totale des affaires financières, ainsi qu’un contrôle total de la base sur les fonds du syndicat.

Tout cela implique de faire les choses bien différemment que ce qui est fait par les syndicats corporatifs. Cela implique de faire les choses comme on le fait au SITT-IWW.

T.

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