Brève syndicale

En France, la mobilisation contre la loi El Khomri continue. Alors qu’en 2006 François Hollande fustigeait le gouvernement de l’époque sur son utilisation de l’article 49-3 afin de faire passer la loi sur les CPE (Contrat de Première Embauche), une loi précarisant encore plus la jeunesse, Hollande et son gouvernement dit socialiste, mais qui n’a de socialiste que le nom, utilisent aujourd’hui cette même loi pour faire passer leur projet de loi El Khomri. Dans les deux cas, il s’agit d’un signe clair de faiblesse du gouvernement puisque c’est une loi permettant de faire passer une loi alors que celle-ci n’obtient pas le nombre de votes nécessaire au gouvernement. Depuis la fondation de la Ve république, cette loi a été utilisée 84 fois, notamment à 38 reprise sous le gouvernement de 1988 à 1993, gouvernement qui se présentait comme étant de gauche. Ainsi, cheminots, lycéens, universitaires, chômeurs, syndicats, bref, des milliers de contestataires manifestent sans relâche alors que six des huit raffineries du pays sont bloquées, provocant une grande pénurie d’essence et que bon nombre de ports le sont aussi. De plus, les grévistes de la CGT en charge de l’alimentation électrique et gazière font en sorte d’alléger les factures des abonné-e-s tout en coupant l’électricité dans différents endroits stratégiques, comme dans des gares de triages, puisque les actions sont coordonnées avec différents autres syndicats. Le village de l’actuel président, François Hollande, et la résidence secondaire du patron du MEDEF, une organisation patronale très puissante en France, ont aussi subit des coupures en électricité et en gaz.

Au Mexique, dans la région d’Oaxaca, connue notamment pour le fort mouvement contestataire dans le milieu de l’éducation en 2006, ainsi que dans la région du Chiapas, la lutte aux réformes régressives continue. Environ 4,000 professeur-e-s risquent de perdre leur poste puisque ces derniers-ères ont participé à une grève appelée par leur syndicat au cours de la dernière semaine. De nombreuses manifestations et actions de blocages prennent place dans ces régions. Le 26 mai, les professeur-e-s ont bloqué l’aéroport de la ville d’Oaxaca. Le mouvement de contestation continue à s’étendre puisque des professeur-e-s dissident-e-s ont manifesté dans plusieurs villes du pays, notamment la capitale Mexico.

En Italie, le 8 mai dernier, de violentes manifestations ont eu lieux entre les forces de l’ordre et les manifestant-e-s opposé-e-s au mur anti-migrant-e-s de l’Autriche. À l’heure actuelle, le marché de l’armement connait une croissance énorme, notamment avec la France, la Belgique et le Canada vendant de plus en plus d’armes, alors que les conflits font rage à travers le Moyen-Orient. Ceci crée de nombreux-euses réfugié-e-s fuyant les bombes fabriquées en Occident. C’est sans compter les réfugié-e-s climatiques, repoussé-e-s de leur résidence par les catastrophes naturelles en nombre croissant.

Le Portugal connaissait sa première grève générale de l’année. Les dockers du Port de Lisbonne étaient en grève depuis la fin avril et celle-ci se prolongea jusqu’au 28 mai. Entre temps, le pays fut traversé d’une grève affectant les transports en commun et les autres services des principales villes. La raison de la colère et du mouvement de grève est l’application de mesures d’austérité entraînant la dérèglementation du marché du travail afin de mieux détruire le droit et la sécurité des travailleuses et travailleurs.

Dans le Vieux-Port de Montréal, le syndicat exige une augmentation des salaires atteignant au moins le 15$/heure alors que la direction propose un faible 2% des salaires, actuellement à 10,67$/heure. Se faisant, les employé-e-s sont entré-e-s en grève vendredi le 27 mai afin que le salaire de base soit assez décent pour mieux vivre.

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Barcelone a connu quelques nuits de combats de rue entre les forces de l’ordre et les occupant-e-s expulsé-e-s, le lundi 23 mai, d’un bâtiment d’une ancienne banque transformée en squat depuis 2011. Les expulsé-e-s et leurs sympathisants ont organisé plusieurs manifestations durant plusieurs soirées où les blessé-e-s se comptent par dizaines. La violence de cette expulsion, qui est commune dans les pratiques policières de cette région, ainsi que l’expulsion elle-même étaient dénoncées.

La «Révolution de couleurs» continue en Macédoine. Depuis le 12 avril, les contestataires demandent la démission du gouvernement de droite nationaliste actuellement au pouvoir. En pleine accusation de corruption, une amnistie a été adoptée dans le cas d’un énorme scandale de malversation et de mises sous écoutes illégales de milliers de journalistes, d’hommes et de femmes de politique et de leaders religieux. Les manifestant-e-s se rejoignent donc, munis de fusils à l’eau et de balles d’eau remplies de peinture, le tout afin de décorer les murs extérieurs des bâtiments gouvernementaux.

C’est avec des slogans tels que « du pain, du travail, un toit » que des milliers d’espagnols ont manifestés, samedi le 28 mai, à travers le pays. Plus de 125 organismes sociaux et syndicats ont appelé à manifester dans une trentaine de villes. Alors que le chômage touche près du quart de la population dite active, la colère gronde dans ce pays comme dans le reste de l’Europe.

Depuis mardi le 31 mai, les 200 travailleuses et travailleurs de Sucre Lantic sont en grève puisque les propositions de l’employeur impliquent de modifier le régime de retraite et l’assurance emploi, renforçant ainsi la précarité et les risques de congédiements des employé-e-s. La compagnie a déjà coupé une soixantaine de postes en 2014 pour les remplacer par de la sous-traitance.

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