FAQ

Ce document a été publié en 1957; plusieurs des questions auxquelles il répond continuent de nous être posées. Nous les présentons ici comme une section FAQ partielle.

Vous posez des questions : nous sommes fiers et fières d’y répondre.

Publié en anglais par Seattle Joint Branches.

INDUSTRIAL WORKERS OF THE WORLD

Seattle, Washington 1957

Traduit en français par la section locale montréalaise

SYNDICAT INDUSTRIEL DES TRAVAILLEURS ET TRAVAILLEUSES

Montréal, Québec 2014

 

Un nombre croissant de personnes pose des questions au sujet du Syndicat industriel de travailleurs et travailleuses – Industrial Workers of the World. Qu’est-ce que le SITT-IWW? Pour quoi milite-il? Qu’est-ce que l’organisation peut faire pour ses membres? Comment propose-t-elle de meilleures conditions syndicales?

Voici des réponses honnêtes à beaucoup de vos questions. La réponse finale, par contre, ne peut être écrite pour l’histoire que par les travailleuses et travailleurs qui sont prêt-e-s à se battre pour un monde juste et sauf pour tous et toutes, un monde où les enfant n’auront plus faim.

1) Qu’est-ce que le SITT-IWW?

Le SITT-IWW est un syndicat de combat qui croit que les intérêts des travailleurs et travailleuses ne peuvent être complètement satisfaits que lorsqu’ils et elles sont uni-e-s en tant que classe. C’est un syndicat qui cherche à unir les travailleuses et travailleurs pratiquant un même métier, d’une même industrie, et tous et toutes les salarié-e-s, en un grand syndicat.

Le SITT-IWW se distingue radicalement d’autres syndicats quant aux problèmes de la classe ouvrière. Nous sommes de l’avis que ceux-ci ne peuvent pas être résolus en mendiant des miettes aux employeurs ou en priant des faveurs aux politiciens. Tout en luttant pour de meilleures conditions de travail aujourd’hui, le SITT-IWW insiste sur le fait que les travailleurs et travailleuses ont un droit sur tout ce qu’ils et elles produisent, au lieu d’une maigre part.

Il y aura la faim et l’insécurité chez les travailleurs et travailleuses tant et aussi longtemps qu’il y aura une classe d’employeurs gagnant à donner de bas salaires et de mauvaises conditions de travail. Le SITT-IWW tient pour acquis qu’il ne peut y avoir de solutions à la guerre industrielle, ni de fin à l’injustice et à la misère, tant que le système de profits lui-même n’aura pas été aboli.

Dans sa démarche pour unir la classe des travailleurs et travailleuses au sein d’un grand syndicat, le SITT-IWW cherche aussi à bâtir la structure d’un meilleur et nouvel ordre social à l’intérieur même de ce système qui a échoué à répondre aux besoins de toutes et tous.

2) Qui peut se joindre au SITT-IWW?

Tout-e salarié-e peut avoir sa carte du SITT-IWW, et ce sans discrimination quant à la couleur de peau, la religion, la nationalité, le sexe ou l’orientation sexuelle.

Cependant, ce n’est pas une organisation pour ceux et celles qui collaborent avec le patronat, pour les lâches, ou pour ceux et celles qui substituent les mots à l’action. Et ce n’est certainement pas une organisation pour ceux et celles qui se contentent de suivre aveuglement des chefs.

Le SITT-IWW est un syndicat conçu par et pour les travailleurs et travailleuses, des meilleur-e-s et plus intelligent-e-s. D’ailleurs, un nombre grandissant de ceux et celles-ci se procurent leurs cartes SITT-IWW. Ils et elles veulent bâtir le syndicat qui reconstruira le monde. Le SITT-IWW a besoin d’elles et eux; ils et elles ont besoin du SITT-IWW.

3) Des membres d’autres syndicats peuvent-ils se joindre au SITT-IWW?

Oui. Plusieurs membres du SITT-IWW sont également membres d’autres syndicats. Ce sont des femmes et des hommes qui forment le cœur combatif de tels syndicats; des gens de la base qui militent pour que leur syndicat travaille pour ses membres et ne dégénère pas complètement en docile pacificateur au service du patronat.

De tel-le-s travailleurs et travailleuses ont rejoint l’IWW car ils et elles veulent construire un syndicat plus fort, plus courageux, et plus honnête que les syndicats dominants d’aujourd’hui. Un tel syndicat doit opposer l’unité des employeurs à la plus grande unité des travailleurs et travailleuses. Le syndicat doit opposer au pouvoir de la classe des employeurs, un plus grand pouvoir encore : celui de la classe ouvrière.

C’est le grand syndicat du SITT-IWW. Le One Big Union.

4) Le SITT-IWW est-il sectoriel?

Non. Le SITT-IWW est le seul syndicat qui organise les travailleurs et travailleuses en tant que classe, au lieu de diviser le travail en petits groupes qui se font la guerre les uns aux autres, au seul bénéfice de la classe patronale. Le SITT-IWW ne croit pas que la grande union des travailleurs et travailleuses puisse être organisée de manière sectorielle ou par métier, car c’est une situation qui divise les travailleurs et travailleuses au lieu de les unir.

Le SITT-IWW ne cherche pas à prendre le contrôle de syndicats établis pour changer le mouvement ouvrier, pas plus qu’ils n’essaie de favoriser ses membres en leur trouvant du travail facile ou agréable sur leur lieu de travail. De telles manœuvres, même lorsqu’elles ont du succès, ne procurent jamais de gains réels au monde ouvrier, et seul quelques rares avantages illusoires aux groupes victorieux.

Le mouvement ouvrier inadéquat d’aujourd’hui peut être changé, non par un changement de dirigeants ou de mesures de contrôle, mais par une base qui est consciente de sa force et de son objectif – un monde digne des êtres humains qui y vivent.

5) Qui en est membre?

Certain-e-s des meilleur-e-s et des plus aptes syndicalistes sont déjà membres du SITT-IWW. Ils et elles sont les vétérans des plus âpres luttes pour de meilleurs salaires et de meilleures conditions de vie;  des rebelles contre un ordre social injuste, ils offrent leurs cœurs et leurs têtes pour faire de ce rêve d’un monde meilleur pour la main-d’œuvre une réalité. Ce sont des gens que nous sommes fiers et fières de connaître; des femmes et des hommes qui se battent peu importe l’issu, et jusqu’à la victoire.

Mais certain-e-s des meilleur-e-s n’est pas suffisant. Le SITT-IWW a besoin de tous et toutes. D’ailleurs, les gens qui luttent pour un monde meilleur verront tôt ou tard qu’ils ont besoin du SITT-IWW.

6) Quels bénéfices pour les membres du SITT-IWW?

Bien que le SITT-IWW ne fasse aucune promesse de gains immédiats à ses membres, l’expérience passée démontre que les membres bénéficient en proportion directe à leur implication dans le syndicat et au travail.

Les membres du SITT-IWW, familiers et familières des méthodes d’action directe, font tout leur possible pour faire appliquer les normes ainsi qu’améliorer les conditions de travail. Les connaissances et méthodes acquises par le SITT-IWW se révèlent souvent un facteur majeur dans la victoire de griefs.

Les membres, travaillant avec le SITT-IWW et sa presse, ont plusieurs fois réussi à pousser les officiers de syndicats à réclamer et à gagner des augmentations salariales.

Ces gains tangibles profitent directement aux membres du SITT-IWW ainsi qu’à toutes et tous les travailleurs et travailleuses. Il en est de même pour les gains intangibles. Le SITT-IWW offre à ses membres un sentiment de solidarité et une orientation claire. Il fait d’elles et eux des syndicalistes efficaces en leur apprenant à lutter intelligemment et ensemble. Il leur offre la solidarité des travailleurs et travailleuses les plus courageuses et courageux, et les plus honnêtes.

7) Est-ce que le SITT-IWW est démocratique?

Le SITT-IWW est une forteresse de démocratie. Bien que le vote majoritaire soit la règle, il y a un respect scrupuleux d’opinions divergentes minoritaires. Toutes les questions importantes, y compris l’élection des officiers et officières, sont prises par un vote référendaire des membres. Les officiers et officières qui échouent à réaliser la volonté de la majorité sont soumis à un rappel immédiat. Ceux et celles qui collaborent avec le patronat ne sont pas toléré-e-s dans le SITT-IWW.

La rémunération d’officiers et officières ou d’employé-e-s du syndicat, s’il y a lieu, correspond à la moyenne salariale des membres de l’industrie qu’ils et elles représentent. Les mandats des offices sont strictement limités. La plupart des projets du SITT-IWW se font sans frais, car l’organisation est composée de travailleurs et travailleuses qui croient en leur mouvement et donnent volontiers de leur temps et de leur énergie pour promouvoir sa croissance.

Un des piliers du SITT-IWW est la croyance que la base doit contrôler le syndicat et ses offices, et non l’inverse. Un syndicat ne peut être de base si la liberté de celle-ci est réduite par des réglementations inutiles. Par conséquent, le SITT-IWW ne fait pas plus de règles qu’il en a réellement besoin.

8) Comment cette démocratie est-elle protégée?

Bien que la structure et la constitution du SITT-IWW protègent jalousement la démocratie, aucun règlement ne peut la conserver ou la garantir une fois que la volonté de la préserver disparaît. Les racines de la liberté ne se trouvent jamais dans une règle, qui est toujours modifiable, mais bien au sein de chacune et chacun. Le meilleur garant de la démocratie réside dans la composition même du SITT-IWW; ses membres, qui se battent contre la tyrannie et l’injustice, ne permettront jamais à la liberté d’être limitée au sein de la plus belle organisation ouvrière.

9) Est-ce que le SITT-IWW crée des leaders?

En un sens oui. Mais, le SITT-IWW rejette les leaders en tant que tels, car bien qu’ils puissent mener, il peuvent aussi malmener. Le mouvement ouvrier a constamment été trahi par des leaders qu’il avait suivi, et auxquels il faisait confiance. Le mouvement ouvrier cessera d’être trahi le jour où il acceptera le leadership des idées plutôt que celui des gens.

Pourtant, il y a des personnes qui sont rapides et capables dans la présentation d’idées et de tactiques aux moments opportuns. Les meilleur-e-s d’entre elles et eux ne souhaitent ni diriger, ni suivre aveuglément. Ils et elles sont formé-e-s par le SITT-IWW, en partie parce que c’est une organisation de militant-e-s de la base, d’autre partie grâce à l’expérience partagée des membres, et finalement parce que les membres du SITT-IWW ne manquent ni d’intelligence ni d’initiative.

10) Pourquoi est-ce que les employeurs et employeuses détestent le SITT-IWW?

Si grandes sont la haine et la peur du SITT-IWW chez les employeurs, qu’ils ont tenté encore et encore de l’écraser. Pourtant, le SITT-IWW se relève d’autant plus fort à chaque fois.

La base de leurs craintes est la puissance titanesque inhérente à l’idée même du SITT-IWW. Lorsque les travailleurs et travailleuses sont uni-e-s en tant que classe; lorsqu’ils et elles ne comptent que sur eux et elles-mêmes; lorsqu’ils et elles utilisent l’action directe pour obtenir la totalité du produit de leur main-d’œuvre; quand ce jour arrive, aucun pouvoir sur terre ne peut arrêter la marche en avant de l’humanité et c’est ce jour que sera réduit à néant le pouvoir volé par la classe patronale.

Une des racines de la haine de l’employeur envers le SITT-IWW est son inflexible honnêteté. Une honnêteté qui ne compromettera jamais, qui ne collaborera jamais, qui ne saura être marchandisée, qui ne reculera devant rien et qui ne se rendra jamais.

Les employeurs ne craignent pas les syndicats qui collaborent avec eux. Le « syndicalisme » de ces organisations est un mensonge qui peut être acheté à si bon marché qu’il est constamment utilisé comme force antigrève pour briser les piquets d’autres syndicats.

  • Certains syndicats acceptent la puissance de la classe patronale. Le SITT-IWW conteste ce pouvoir.
  • Certains syndicats mendient les miettes du pain produit par les travailleurs et travailleuses. Le SITT-IWW exige le pain entier.
  • Certains syndicats, au service des employeurs, s’attaquent aux grèves des autres syndicats et défient les piquets de grève. Le SITT-IWW, en théorie et en pratique, essaie de construire une unité ouvrière si puissante que les forces des travailleurs et travailleuses en seront indestructibles.

Les employeurs se sont pliés pour s’entendre avec d’autres syndicats, afin d’éviter que le SITT-IWW représente leurs travailleurs et travailleuses. Les patrons veulent des syndicats contrôlables, et non d’un grand syndicat contrôlé par les travailleurs et travailleuses.

11) Est-ce que le SITT-IWW est un syndicat responsable?

Entièrement — à ses membres et à la classe ouvrière. Il n’a jamais été et ne sera jamais responsable dans le sens de l’employeur qui fait les louanges d’autres syndicats –  des bêtes apprivoisées, ne servant qu’à alimenter la division des travailleurs et travailleuses et leur bonne conduite devant le patronat.

Le SITT-IWW ne vend pas ses membres. Il ne trahit pas les intérêts des travailleurs et travailleuses. Il n’est redevable qu’à la classe ouvrière.

Le SITT-IWW a maintes fois été traité de rouge, mais jamais de jaune.

12) Est-ce que le SITT-IWW est radical?

Aussi radical qu’un-e scientifique dans son laboratoire… Aussi radical qu’un-e chirurgien-ne planifiant l’extraction d’une excroissance… Aussi radical que l’enseignant-e doit être pour dire la vérité.

Il est bon de noter que c’est du radicalisme qu’a découlé tout ce qui a rendu la vie meilleure d’hier à aujourd’hui. Le radicalisme est désormais, comme par le passé, la seule force capable de conduire le monde hors de cette nuit noire qu’est la faim, la haine et la peur.

L’humanité avance sur un chemin taillé par les radicaux et radicales ; un chemin taché de leur sang. Tant et aussi longtemps qu’il y aura des injustices, ils et elles existeront. Etre radical-e est le plus fier titre que peuvent arborer les femmes et les hommes libéré-e-s.

13) Est-ce que le SITT-IWW encourage l’usage de la force?

Non. Alors que le SITT-IWW utilise toutes les armes honorables dans les conflits avec les employeurs, il n’a jamais amorcé l’usage de la force. Son arme principale est la solidarité de la classe ouvrière, qui construit, et non le terrorisme individuel, qui détruit.

Les employeurs ont toujours été les premiers à recourir à la force et à la violence. Le SITT-IWW n’enseigne que ce que la loi affirme : que les travailleurs et travailleuses ont le droit de se défendre lorsqu’ils et elles sont attaqué-e-s.

La violence n’est pas nécessaire lorsque, uni-e-s, les travailleurs et travailleuses n’ont qu’à croiser les bras pour gagner le monde.

14) Est-ce que le SITT-IWW est uniquement américain?

On peut aussi se demander si la liberté est américaine, ou si la justice et l’humanité sont américaines. Partout où les travailleurs et travailleuses peinent, partout où le patronat règne, on retrouve le SITT-IWW ou la pensée du SITT-IWW. C’est parce que l’injustice économique est mondiale, qu’il en est de même pour le SITT-IWW.

Dans un sens plus étroit, le SITT-IWW, organisé en 1905 à Chicago, est beaucoup plus « patriotique » que les corporations, financées par des propriétaires locaux et étrangers, qui cherchent à dicter les conditions de subsistance des travailleurs et travailleuses partout. La classe patronale de toutes les nations réduit les travailleurs et travailleuses à l’esclavage. Le SITT-IWW les en libérera.

15) Est-ce que le SITT-IWW s’oppose aux religions?

Non. Le SITT-IWW n’a pas de préjugés religieux et n’interfère jamais avec les croyances religieuses de ses membres. Ces croyances font partie des libertés humaines fondamentales et le SITT-IWW souhaite libérer les travailleurs et travailleuses et ne jamais les oppresser.

16) Pourquoi les syndicalistes classiques s’opposent-ils au SITT-IWW?

La « direction syndicale » s’est tellement retranchée dans son confort qu’elle a depuis longtemps cessé de représenter et de suivre les intérêts des travailleurs et travailleuses.

Créés à partir de l’évidence des intérêts divergents de la classe patronale et de la classe ouvrière, d’autres syndicats se sont tellement écrasés que leur principale préoccupation est maintenant, au mieux, de se contenter des seules miettes du pain que les travailleurs et travailleuses produisent. Cette déconnexion de la base est encore plus criante chez le type de direction syndicale qui agit en tant qu’administratrice du travail.

La seule préoccupation de ce genre de direction et de garder son poste et de se faire le plus de profit personnel possible. Cela est fait en écrasant la démocratie, en muselant les travailleurs et travailleuses, en punissant la révolte, voire même la simple critique, par l’expulsion sommaire.

L’intérêt de ces directions syndicales est identique à celui des employeurs. Tous deux sont parasitaires des travailleurs et travailleuses. Les deux profitent de la suppression des demandes et protestations de la base. Les deux profitent d’un système qui maintient le travail servile, principalement intéressé par les profits de la « direction syndicale » et des employeurs

Ce type de syndicalisme, trop proche du patronat, s’oppose au SITT-IWW –  non pas parce qu’il ne le comprend pas, mais parce qu’il le comprend trop bien. La victoire du SITT-IWW signifiera la fin de la domination et des privilèges; elle signifiera le début d’un contrôle total du travail par les travailleurs et travailleuses.

17) Est-ce que le SITT-IWW est un groupe secret?

Comme pour d’autres syndicats, il y a eu des périodes où les membres, pour éviter de se faire battre ou lyncher, ont dû porter leur carte SITT-IWW dans leurs chaussures. Pourtant, le SITT-IWW n’a jamais été une organisation secrète.

Les membres du SITT-IWW sont fiers et fières de cette carte rouge, qui les marque du sceau de l’humanité, faisant d’eux des femmes et des hommes et non de simples moutons. Les salles du SITT-IWW sont ouvertes à toutes et tous; les réunions syndicales sont organisées régulièrement et ouvertement; et les réunions publiques sont annoncées et sont ouvertes à tous et toutes les travailleurs et travailleuses.

18) Qu’en est-il de la politique?

Le SITT-IWW, en tant qu’organisation, est non-politique et n’interfère pas avec les idéaux ou activités politiques de ses membres. Elle requiert cependant que les idéaux politiques ne créent pas de division entre ses membres. Cette règle permet aux travailleurs et travailleuses de tous les horizons politiques de se regrouper afin de faire progresser, sans friction interne, leurs intérêts économiques.

Le SITT-IWW se concentre sur l’action économique directe, car l’histoire démontre que c’est ceux et celles qui détiennent le pouvoir économique qui détiennent  aussi le pouvoir politique. Le SITT-IWW croit que tout ce qui est donné aux travailleurs et travailleuses par les politiciens peut tout aussi rapidement être repris, en plus des intérêts accumulés sur cette « dette » (est-il nécessaire de citer le Wagner Act de Taft-Hartley?). Seul peut être conservé ce qui est gagné par la force économique des travailleurs et travailleuses.

La dure leçon, complètement intégrée par le SITT-IWW, est que le prolétariat ne peut dépendre de syndicats à la solde du patronnat, de la politique, ou de la prière. Il ne peut compter que sur lui-même et, s’il gagne, il ne le devra qu’à sa propre force économique et à sa cohésion.

19) Qu’est-ce que l’action directe?

Il s’agit du type d’action utilisé quand les travailleurs et travailleuses luttent de manière directe. Lorsque les travailleurs et travailleuses se rebellent au travail en ralentissant la production, voir même en l’arrêtant complètement, jusqu’à ce que leurs doléances soient acceptées –  c’est de l’action directe. Lorsque les travailleurs et travailleuses uni-e-s en tant que classe lancent une grève générale pour défendre leurs intérêts –  c’est de l’action directe.

Les travailleurs et travailleuses sont constamment trahi-e-s lorsqu’ils et elles utilisent d’autres moyens que l’action directe – les élections politiques, l’arbitrage, ou encore autoriser des tribunaux ou des organismes gouvernementaux à régler des litiges. Ce sont toutes des méthodes qui profitent à la classe patronale.

De s’attendre à la justice par ces moyens est aussi naïf que de croire que la loterie a été conçue pour enrichir ceux qui y mettent leur argent. Le seul but de ses gains occasionnels est de maintenir la foi des crédules en la « justice » d’une machine truquée.

Les employeurs sont viscéralement menacés que lorsque les travailleurs et travailleuses utilisent l’action directe pour gagner leurs combats, car c’est un moyen qui est ni facile, ni économique à combattre. Les travailleurs et travailleuses ont invariablement gagné lorsqu’ils ont utilisé l’action directe, plutôt que par le moyen de syndicats proches des employeurs.

L’action directe a brisé les chaînes de l’esclavage de l’humanité. Au travers des siècles, elle a permis d’établir des droits individuels et réduit le droit de vie et de mort de nos maîtres. Utilisée pleinement, intelligemment et à bon escient, l’action directe peut éliminer à jamais la faim, l’injustice et l’esclavage d’un être humain par un autre.

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