La double adhésion. Questions et Réponses

Vous trouverez ci-bas quelques notes m’ayant servies de brouillon pour un éventuel atelier sur la double-adhésion (Ndtr : le dual carding, soit l’adhésion à l’IWW et à un autre syndicat). Vous trouverez des questions et mes réponses juste en dessous. J’espère qu’il s’agira là de la première publication d’une série sur  »Le SITT-IWW et les autres syndicats”’ ayant pour but de souligner quelques perspectives sur le sujet.

Là où il sera écrit  »nous » je ferai une affirmation référant aux positions classiques du SITT-IWW, tandis que là où j’utiliserai le  »je », il s’agira de mon opinion. J’ai fait de mon mieux pour garder les deux points de vue séparés, mais comme bon nombre de personnes, j’ai énormément de difficulté à le faire.

 

*Quel est notre rapport à la décertification ou la désafiliation? Il semblerait qu’au Work People College de 2012 plusieurs personnes ont amené l’idée que nous devrions mettre notre focus sur la décertification de syndicats d’affaires afin de les remplacer par une nouvelle accréditation, celle du SITT-IWW. Je ne suis pas certain qu’il s’agisse d’une stratégie qui ait déjà été utilisée, si quelqu’un a eu vent d’une telle expérience je serais curieux d’en apprendre plus.

Je peux seulement parler de notre expérience à Edmonton où nous avons été approché.es à quelques occasion par des travailleurs et des travailleuses, désireux et désireuses de décertifier leur syndicat. De manière générale, nous l’avons toujours déconseillé. Le problème est que le SITT-IWW n’occupe pas le même espace que les autres syndicat, il est donc illogique de remplacer l’un par l’autre. D’autre part, d’habitude, lorsque des travailleurs ou des travailleuses cherchent à faire retirer l’accréditation de leur syndicat sur leur lieu de travail, c’est parce qu’ils et elles ne sont pas satisfait.es des services qu’ils et elles reçoivent de ce dernier. Avec un budget squelettique, des cotisations minimales et aucun.es employé.es, nous ne feront pas beaucoup mieux en terme de services. Ce n’est pas ce que nous faisons.

Dans le local du Syndicat des Travailleurs et Travailleuses des Postes (STTP) où je me trouve, le grief moyen, après avoir franchi toutes les étapes aura coûté au delà de 10 000$. Il s’agit de plusieurs centaines de dollars seulement pour les premières étapes. Avec nos cotisations volontaires et à faibles coûts, financer un tel niveau de bureaucratie grâce à des levées de fond, n’est pas une option non plus.

 

* Quel est le rôle des caucus de gauche? Tout au long de la conversation au Work People College, le sentiment général était que les caucus de gauche sont inévitables et peuvent même être utiles. Or, il faut constater que tou.tes les fellow workers présent.es étaient impliqué.es dans des endroits qui, grosso-modo, servaient des caucus de gauche. Les premiers dans un réseaux de solidarité naissant chez OPSEU (Syndicat des Employé.es du Service Public de l’Ontario) et les autres dans un local de l’Alliance de la Fonction Publique du Canada (AFPC), qui sert en quelques sortent de quartier général pour militant.es.

Je suis d’accord que les caucus de gauches sont inévitable et j’ai participé à titre personnel à l’un d’eux au sein du STTP, mais je n’ai jamais fais pas de rapport de mes activités au SITT-IWW, pas plus que le SITT-IWW ne semble s’en être préoccupé. Tout ce qui est politiquement significatif en ce bas monde n’a pas besoin de se faire sous la bannière du SITT-IWW. Je suis tout aussi intéressé par une réforme des syndicats et par une bonne représentation des membres que n’importe qui d’autre. Or, il ne s’agit pas d’un engagement révolutionnaire et pour être franc, je ne pense pas que cela ait quoi que ce soit avoir avec le SITT-IWW.

En ce qui concerne les sanctuaires de militants et principalement de militant.es syndicaux, notons simplement que les militant.es ne forment pas toujours les meilleurs bassins de recrutement pour trouver de bons wobblies. Bon nombre d’entre eux ont des ambitions carriériste à l’intérieur même de leur syndicat et si cela n’est pas un problème en soit, cela ne fera pas avancer le SITT-IWW non plus. Des travailleurs et des travailleuses en colère et respecté par leurs pairs sont bien plus important, et si par hasard, ce sont aussi des militant.es, c’est tant mieux, mais ce n’est pas le plus important.

 

*Qu’en est-il des élections? Ici encore, le sentiment partagé était qu’à certains moments cela pouvait être utile.

Pour commencer, il faut se rappeler que dans les règlements du SITT-IWW beaucoup de choses sont mentionnées à propos de la position d’officier ou officière pour un autre syndicat, il ne s’agit pas de dire que vous ne pouvez pas l’être, mais nous plaçons des limites assez sévères sur le sujet. Bien sur, il est toujours possible d’amener les règlements en appel pour se dérober à certaines restrictions, mais il est important de comprendre pourquoi nous avons ces règles en premier lieu. C’est parce que notre compréhension du syndicalisme révolutionnaire ne se limite pas à être un  »syndicat très progressiste ». Tout comme nous recommandons l’établissement de comités d’organisation sur le plancher et dépassant le système de délégué; une position révolutionnaire dépassant l’électoralisme et évitant le contractualisme, notre structure et notre fonction s’incarne dans un engagement envers un autre type de politique. Dans le SITT-IWW, les syndicats ne sont pas des organismes politiquement neutres, au contraire, leurs structures et leurs engagements reflètent les perspectives politiques de leurs architectes.

Tout cela était plus clair à une époque où le mouvement ouvrier était marqué par une plus grande diversité idéologique, mais depuis les années 60 on assiste à une hégémonie de la social-démocratie et c’est ce que la structure standard reflète. S’emparer de ces structures sans les remettre sérieusement en question ne peut que conduire à une cooptation, à un redressement judiciaire ou aux deux.

 

*Toujours sur la question d’être un.e délégué.e syndicale, la question suivante vint sur le plancher : Si personne d’autre n’est pour se présenter, n’est-il pas souhaitable qu’un de nos militants le fasse afin, qu’au moins, le travail soit fait? Est-ce que cela ne permet pas en plus d’avoir une raison légitime de parler du travail avec ses collègues sans que cela n’ait l’air bizarre?

Je ne suis pas contre les gens qui décident de devenir délégué syndical, mais ces gens devraient le faire en gardant les yeux grands ouverts. Qu’est-ce que ce travail implique? Si la priorité est de construire un comité qui traite les demandes depuis le plancher et aide les gens à développer une stratégie pour mettre collectivement de la pression sur le patron, je suis tout à fait pour. Si le travail consiste simplement à faire ce que n’importe quel autre délégué va faire, il ne s’agit pas non plus d’une erreur, mais cela devrait être clair pour les personnes concernée qu’ils et elles le font pour des raisons personnelles et non en tant que membre du SITT-IWW. Cela dit, notons que le SITT-IWW n’a pas de position claire sur le sujet.

 

*Comment est-ce que la double adhésion fonctionne dans un environnement multi-syndicales? Comment pouvons nous réellement amener le Syndicat pour Tous et pour Toutes à aider l’organisation au jours le jours?

Nous avons une certaines expérience sur le sujet à Edmonton et le plus important est de commencer par communiquer avec les gens travaillant ensemble. Pas seulement entre syndicats, mais aussi entre travailleurs et travailleuses syndiqué.es et travailleurs et travailleuses non-syndiqué.es. L’avantages que l’action directe a sur les canaux officiels c’est qu’en attaquant une structure managériale unifiée, il est possible de mettre plus de pression. Prioriser des demandes qui affectent tout le monde (comme les questions relatives aux Droits Humains, aux places de stationnement, à la santé et à la sécurité) permet un élargissement du champs d’actions, tandis que les disputes de types contractuelles sont évidemment plus étroites et moins utiles. Les assemblées conjointes (dans notre cas les réunions durant les pauses café) permettent de rassembler tout le monde sur le plancher.

 

*Si des wobblies peuvent faire des choses comme prendre le contrôle de la newsletter ou du bulletin du syndicat, mettre la main sur des listes de contacts, etc. Comment devrions nous, et devons nous, mettre ses possibilités à usage?

Bien sur que vous devriez. Vous devriez tout faire comme dans la Formation d’Organisation 101 (FO101 ou OT101 en anglais), faire des rencontres individuelles, identifier les meneurs et meneuses, les amener à faire des actions sur le lieux de travail, puis les inclure dans votre comité. Les newsletters et bulletins peuvent être un bon moyen de faire connaître les gains qui ont été gagné sur le plancher.

 

*Comment pouvons nous éviter d’être co-opter par le syndicat? C’est à dire de voir le syndicat légaliste en place clamer que les victoires du comité sont les siennes?

Le plus important c’est que les travailleurs et travailleuses eux-mêmes et elles-mêmes s’approprient la victoire, pas plus le syndicat d’affaire en place que le SITT-IWW. Si le rôle du SITT-IWW a été décisif, alors il faut souligner ce que l’organisation a fait, mais on ne peut pas simplement prendre tout le crédit. Par exemple, nous avons déjà mis en place un programme d’éducation, fait la promotion des tactiques de March on the Boss et travailler sur un blog indépendant. Or il ne s’agit pas ici d’être cette gauche si typique qui répète encore et encore les mêmes slogans en s’autoproclamant d’une avant-garde éclairée, mais plus tôt de l’utilisation par les travailleurs et travailleuses de méthodes qui font du gros bon sens.

 

*À quelle sorte de backlash pouvons nous nous attendre lorsque la double adhésion sera découverte par les plus hauts échelons de la hiérarchie? Quel type d’inoculation est requise avant que la campagne ne devienne public? Plus d’histoires et d’anecdotes pourraient être utile ici…

Au STTP nous avons simplement mis les choses au clair. Nous n’avions aucun intérêt à devenir l’unité de négociation certifiée pour les bureaux de postes et nous nous considérions comme de fidèles membres du STTP . Nous avons pourtant insisté qu’aucun travailleur, ni aucune travailleuse n’ait de permission à demander pour mener des actions sur le plancher, et que les officiers et officières devaient répondre de leurs membres et non le contraire. Cela étant dit, je pense qu’il y a trop de différences d’un syndicat à l’autre pour pouvoir donner une sorte de prescription passe-partout plus précise que d’être clair sur le fait que ce que nous voulons dire par syndicat est très différent de ce que l’AFPC, par exemple, entend par syndicat.

 

*En quoi est-ce que le AEIOU diffère t-il dans le contexte d’un environnement déjà syndiqué?

Il ne diffère pas.

 

*Quel est l’objectif ultime de l’organisation en double-adhésion? Dans la FO101 plusieurs sections commencent en demandant aux participant.es ,  »Pourquoi est-ce qu’on fait ça? », comme dans  »Pourquoi est-ce qu’on agite? »,  »Pourquoi est-ce qu’on demande à nos collègues de joindre le syndicat? »,  »Pourquoi faire un suivi sur les tâches? », etc. Je me demande si, peut-être, garder ce format pourrait être une bonne manière d’introduire ce module. Puis, tout comme dans la FO101, cela pourrait inclure une série de réponses. Pourtant je me sens un peu ridicule en disant cela, mais après m’être assis pour réfléchir à la question, je n’arrivais pas à articuler de réponse claire à  »pourquoi » nous faisons cela.

Je pense que l’objectif ultime de l’organisation en double-adhésion est le même que dans la FO101, construire un comité d’organisation fonctionnel qui peut mobiliser les travailleurs et les travailleuses sur le plancher pour faire des actions directe afin de faire valoir leurs intérêts propres.

Je vais essayer et travailler avec Rhiannon pour répondre à vos questions pratiques au sujet de l’atelier, je pense que plusieurs d’entre elles sont valides et le manque de précision ou de clarté de nos réponses ne relève non pas d’un problème avec vos questions, mais plus tôt du niveau de réflexion où nous sommes rendu. Néanmoins, un des points auquel je peux d’ores et déjà répondre au sujet de ce module est qu’il s’agit délibérément d’un supplément à la FO101 parce que nous pensons que cette formation couvre la base du travail d’organisation. Ce à quoi j’ajouterais qu’à mon avis, non seulement, le travail d’organisation en double-adhésion n’est pas si différent du travail d’organisation en milieu non-syndiqué, notamment en ce qui à trait aux compétences nécessaire, mais aussi que le gros du matériel est en fait orienté vers une compréhension de ce qu’est le SITT-IWW. Cela étant dit, je pense aussi que nous avons besoin de travailler la question plus en détails étant donné que le phénomène des syndicats d’affaires arborant le drapeau rouge est de plus en plus fréquent.

 

Écrit par Nick Walter, Edmonton IWW, le 17 octobre 2014
Traduit par le Comité Communication de la SLI de Montréal, le 16 mars 2017

La Coupe est pleine! Colère, bouffe et manifestation : appel aux groupes pour le 1er mai 2017!

Le Syndicat Industriel des Travailleurs et Travailleuses (SITT-IWW) vous propose un 1er mai sous un thème rassembleur qui aborde différents problèmes interreliés : « La coupe est pleine! »

Le coût de la vie augmente sans arrêt. Les services publics se font tronçonner. Les personnes assistées sociales subissent des attaques sauvages. Il y a la menace dune réforme des Normes du travail à la sauce patronale qui nous guette. Et pour ajouter linsulte à linjure, tandis que syndicats et groupes communautaires réclament un salaire minimum à 15$ de lheure, les boss et l’État répondent : vous ne valez guère plus de 11,25$.

Comme si ce n’était pas suffisant, le climat social se dégrade. Les discours racistes ont de vastes tribunes. On maltraite la différence. Les crimes haineux visant les femmes, les musulman.es et la communauté LGBTQIA* se multiplient. Nous ne tolérons pas ces discours de haine qui se propagent autant dans les médias, les milieux de travail et nos communautés.

Nous appelons donc les travailleurs et les travailleuses ainsi que nos groupes alliés à participer à notre ras-le-bol. Et cest dans cette optique que nous vous invitons officiellement à vous joindre à nous.

Le lundi 1er mai, de 14h30 à 16h30, nous offrirons une bouffe communautaire avec musique et prises de parole dans le quartier Centre-Sud au parc Médéric-Martin, puis nous nous rassemblerons au métro Frontenac à 17h00 pour manifester vers le centre-ville!

 

Nous invitons donc les groupes, syndicats et associations à endosser notre appel et à confirmer leur présence via l’adresse courriel du SITT : iww_quebec@riseup.net

IWW-SITT

Vie de Wobblies: Comment je suis devenue membre des IWW.

Quand on m’a demandé si je pouvais écrire un témoignage pour raconter mon parcours avec l’IWW, ma première réponse a été « Haha, j’ai rencontré un gars sur Tinder pis c’est comme ça que j’ai découvert l’IWW ». C’est ridicule parce que c’est vrai, mais c’est quand même une plus longue histoire que ça.

Il y a 2 ans, je m’impliquais avec mon asso étudiante et je m’embarquais dans un recours collectif contre la police de Québec. Il y a 2 ans aussi, je traînais sans espoir sur Tinder quand j’ai rencontré quelqu’un de bien. Et il se trouve que ce quelqu’un est membre de l’IWW… Eh oui, c’est comme ça que j’ai découvert le syndicat. Même pas dans des manifs, même pas par les actions, même pas par son organisation syndicale, juste par un drôle de hasard.

On s’entend qu’à ce moment-là, j’avais pas beaucoup d’expérience au niveau du militantisme. Quelques manifs, une souricière brutale, 2 semaines de grève, présence sur l’exécutif de mon asso… Ça se résume à ça, je crois. Mais j’étais déjà tannée du militantisme étudiant, de ses contraintes et surtout, de l’impossibilité d’établir des vrais projets à long terme : les gens viennent faire leur bacc puis disparaissent, alors on doit tisser des liens rapidement, travailler au jour le jour. Ça a ses avantages, mais pour une personne introvertie comme moi, qui a besoin de prendre son temps avec les nouvelles personnes, c’est des contraintes difficiles à surmonter. J’étais rendue à un moment dans ma vie où j’avais envie de m’impliquer de façon plus durable, mais je voyais pas beaucoup d’options ; c’est précisément à ce moment -jolie coïncidence- que j’ai découvert l’IWW.

On pourrait maintenant croire qu’après avoir découvert le syndicat, j’aurais pris ma carte tout de suite. De ce que j’avais pu voir en manif, et de ce que j’en avais entendu, ça avait l’air d’une grande famille de gens qui se tiennent les coudes serrés ; ça donne envie de les rejoindre, non? Oui, mais en même temps, c’est justement ce qui fait que ça m’a pris autant de temps avant de prendre ma décision. Comment moi, qui ne connaissais pratiquement personne du groupe, qui n’avais presque jamais participé à des actions directes, qui ne se croyait pas à la hauteur, j’allais réussir à faire ma place là-dedans? Eh bien, ça l’air que j’y suis arrivée. J’ai pris ma carte et me voilà, un an plus tard, à être impliquée dans 3 comités et secrétaire d’un d’entre eux, à être déléguée, à avoir donné 2 formations d’introduction à l’IWW et à écrire un article pour notre blog. À toutes les personnes trop timides pour faire le premier pas : vous ne perdez rien à essayer, y’a personne qui va vous manger.

Et puis la grande question : pourquoi j’ai fini par autant accrocher à ce groupe-là? Il y a mille réponses à ça, mais je trouve que le syndicat incarne des valeurs que je partage et que j’ai jamais vraiment eu l’occasion d’exprimer. J’ai une formation en travail social et ça fait des années que j’occupe des jobs dans le service à la clientèle ; après un moment, j’ai fini par réaliser que la précarité et la souffrance que vivent les gens qui travaillent en relation d’aide, que la pauvreté dans laquelle se démène la majorité des personnes autour de moi… ça ne peut pas durer. C’est pas normal qu’on doive vivre comme ça, je peux pas croire qu’il existe aucun moyen de s’en sortir. On en parle entre collègues, oui, on s’en plaint, mais pour plusieurs raisons on ne trouve jamais les moyens de s’attaquer au problème. Ce que je crois avoir trouvé avec l’IWW, c’est un bon point de départ pour faire ça.

Déjà, d’avoir un espace pour parler de ces problèmes-là et mettre en commun nos expériences, au lieu de nous dire qu’il y a pire et qu’on devrait se la fermer. Puis découvrir ce qui s’est fait ailleurs, ce qui motive les autres personnes, ce qu’on pourrait faire ; il y a une foule d’actions possibles pour parvenir à nos fins, des appels téléphoniques aux occupations, en passant par les manifs et les ateliers de discussion. Il n’y a pas que la grève pour venir à bout d’un conflit de travail : la créativité et la solidarité peuvent -et vont- nous mener loin.

Et pour finir sur une note cute, c’est toute cette implication qui m’a fait découvrir un monde de possibilités et de personnes extraordinaires, en plus de m’avoir donné un solide boost de confiance en moi. Oui, parce que j’assume des responsabilités et que les gens me font confiance, mais aussi parce que je me rends compte aujourd’hui que j’ai réussi à me créer un réseau dans une nouvelle ville, dans un groupe que j’ai choisi et qui représente mes idées. J’ai aussi appris ce que c’était, la solidarité. J’ai trouvé l’engagement militant qui me convient ; un engagement actif, continuel, plus centré sur l’action dans le présent que sur le respect à tout prix d’une idéologie. On fait quelque chose ensemble, et ça, ça n’a pas de prix. Il s’agit de cesser d’être passifs face au monde et ensemble, de commencer à y prendre activement notre place.

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Découvre comment bâtir ton Syndicat!

Formation d’organisation 101.

Donnée sur 2 jours et en français, la formation d’organisation 101 (OT-101) permet de connaître et pratiquer les bases de la pratique d’organisation syndicale. Celle-ci vise à donner les outils nécessaires aux organisateurs et organisatrices qui pourront les utiliser sur leur lieux de travail, afin de mener des luttes syndicales dans la tradition du syndicalisme de solidarité en s’appuyant sur l’action directe.

La formation se déroule sur 2 jours, de 9h à 17h, soit le samedi 4 mars et dimanche 5 mars. Déjeuner et dîner sont assurés durant la formation. Un « social » est organisé le samedi soir.

La formation est accessible à tout les travailleurs et travailleuses. Cependant, en cas de demandes trop importantes, les personnes membres seront priorisées. Une contribution volontaire d’environ 20$ est suggérée.

INSCRIPTION

L’inscription se fait via le formulaire suivant: https://docs.google.com/forms/d/1nK54FBqBQlf5uOYBc7bm-X3WspYiFaFCh3ojdLtGi90/viewform?edit_requested=true

 

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Formation d’Organisation 101 à Los Angeles les 4-5 février 2017. Crédit Photo: M.K.

Déclaration du SITT-IWW contre les mesures anti-musulman.es de Trump.

Déclaration du SITT-IWW contre l’interdiction de voyager pour les musulman.es, instaurée par Trump. Soumis le lundi 6 février 2017 à 18h51

Le SITT-IWW est un syndicat pour tous les travailleurs et toutes les travailleuses qui s’oppose à toutes les formes de discrimination. Ainsi, nous sommes absolument contre la récente interdiction de voyager instauré par Trump et qui vise les musulmans et musulmanes. Ce pas vers la discrimination officielle est une attaque contre nous tous et toutes. Le SITT-IWW a comme but d’organiser et de construire un réseau de force pour les travailleurs et les travailleuses les plus vulnérables, ce qui inclus les travailleurs et travailleuses à faible revenu et les immigrants et immigrantes. Nous sommes touchés par la résistance massive qui est née immédiatement après l’interdiction, comme, par exemple, de voir autant de personnes manifester leur mécontentement dans les aéroports à travers le pays. Nous sommes particulièrement fiers des travailleurs et travailleuses de la compagnie New York Taxis, qui ont interrompu les services à l’aéroport John F. Kennedy, mais aussi des employé.es des compagnies aériennes qui ont refusé de soutenir l’interdiction. Nous sentons que tous les gens sains d’esprit comprennent qu’il nous faut être solidaires jusqu’à ce que tous les non-résident.es aient le droit d’entrer au pays sans peur de représailles ou de persécutions. Cette solidarité entre prolétaires est notre meilleure arme pour repousser la vague de racisme – nous espérons que cette solidarité ne soit qu’un aperçu de ce dont nous sommes capables. Nous devons nous organiser pour réclamer la libération de tous les immigrant.es incarcéré.es et pour renverser l’interdiction de voyager. Notre pouvoir réside dans la solidarité. Une attaque contre l’un ou l’une d’entre nous est une attaque contre tous et toutes!

Lettre de l’éditrice sortante de l’Industrial Worker

Après 8 ans de loyaux services au poste d’éditrice du journal l’Industrial Worker (IW), la fellow worker Diane Krauthamer décida à l’automne 2016 de ne pas se représenter et de laisser la place à quelqu’un.e d’autre. Nous vous retranscrivons ici la lettre qu’elle a fait paraître dans la dernière édition de l’IW et la remercions chaleureusement pour tout ce qu’elle a fait. Nous profitons aussi de ces quelques lignes pour souhaiter la meilleure des chances à la fellow worker Roberta McNair, élue à majorité au référendum international pour le poste d’éditrice de l’IW pour le mandat 2017.


Fellow workers,
Après 8 merveilleuses années, cela aura été est mon dernier numéro en tant qu’éditrice de l’Industrial Worker. Bien que j’aie l’intention de continuer à travailler sur cette publication sur une base volontaire, je démissionne de ma position d’éditrice de l’Industrial Worker à la fin de 2016. Un-e autre camarade à être élu.e prendra ma place.

Lorsque j’ai commencé cet emploi au début 2009, je n’avais pas beaucoup d’expérience avec l’IWW. À cette époque, je vivais à New-York, aidant avec la section locale au soutien 
du Syndicat des travailleurs et travailleuses de Starbucks et des campagnes d’organisation dans les entrepôts alimentaires de Brooklyn et du Queens. Ma connaissance et mon expérience avec les Wobblies du monde entier étaient plutôt limitées.

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Diane Krauthamer, éditrice de l’Industrial Worker.

En devenant éditrice de l’IW, j’ai eu le plaisir d’échanger des histoires avec des centaines de camarades du monde entier, de gens travaillant dans diverses industries, occupant différentes fonctions et militant pour plusieurs causes axées sur le travail. Même si nos communications ne se résumaient qu’en quelques échanges courriel, c’était exaltant pour moi d’apprendre sur les différents projets, campagnes, événements, victoires d’organisation, expériences, opinions, et idées de chaque personne. Malgré des revers et des épisodes de surmenages occasionnels, j’ai toujours trouvé la motivation pour poursuivre mon travail sur l’IW et mon implication avec le syndicat a été un succès. Mon implication avec l’IWW continue d’être inspirée par les innombrables fellow workers qui gardent vivant le momentum de notre syndicat. J’aurais abandonné il y a longtemps si ce n’était pas de vous.

Bien que mon travail sur le journal soit bientôt terminé (pour l’instant), mon travail pour le syndicat est loin de l’être. Ma première priorité est de bâtir et de renforcer l’IWW. Au cours des années, j’en suis venue à réaliser que n’importe quelle tentative est futile à moins que nous nous battions contre toute forme de discrimination dans le processus. Et ceci est impératif si nous voulons voir croître notre force. Comme certain.es d’entre vous se souviennent peut-être, au fil des années passées, au travers de mon travail éditorial, j’ai encouragé les débats ouverts sur ces problèmes. Personnellement, je crois que le plus gros obstacle à la croissance de l’IWW est le sexisme, et je ne crois pas qu’agir comme si le problème n’existait pas va le résoudre. L’IW est la publication officielle de l’IWW, et en tant que tel, je crois que ça devrait être la mission de cette publication d’encourager la poursuite du dialogue qui peut nous aider à travailler sur ces problèmes complexes.

J’ai choisi d’inclure ces discussions dans les pages de lIndustrial Worker pour cette raison précise. Si nous sommes honnêtes sur qui nous sommes, nous devons être honnêtes sur comment nous pouvons nous améliorer. Les membres potentiel.les vont voir cela et vont vouloir se joindre à une organisation qui reconnait ses problèmes et travaille à les résoudre. Les ancien.nes membres pourraient même revenir dans l’organisation s’il.les voient que nous nous battons ouvertement contre une culture patriarcale à l’interne. Les membres actuel.les peuvent être contrarié.es à propos de l’opinion d’une personne, mais il.les peuvent aussi répondre et voir leurs opinions publiées, et c’est ce qui rend le dialogue efficace. De l’autre côté, les patron.nes qui lisent l’IW, ne sauront pas quoi faire face à une organisation aussi forte.

Alors que je passe le flambeau au prochain éditeur ou la prochaine éditrice de l’IW, j’encourage cette personne à incorporer une mission éditoriale semblable dans son travail au journal, tout comme je l’ai fait avec le mien. Pendant ce temps, je vais continuer de bâtir un syndicat plus fort et plus inclusif. Mes buts demeurent les mêmes, quelle que soit ma position. 

J’espère que mon travail à l’Industrial Worker vous aura inspiré, car le vôtre m’a très certainement inspiré.

En solidarité,

Diane Krauthamer

Éditrice de l’Industrial Worker.

 

 

Paru en version originale anglaise dans l’édition de l’automne 2016  de l’Industrial Worker, #1777 Volume 113 No.4. Traduction par Pierre-Luc G et correction par Coline G.

UN MILITANT DES IWW BLESSÉ PAR BALLE D’UN COUP DE REVOLVER À SEATTLE

Vendredi 20 janvier et samedi 21 janvier, il y a eu de nombreuses manifestations anti-trump et anti-capitaliste. Lors de celle qui passait par l’université de Whashington à Seattle, pour contrer et empêcher un discours pro-trump du fasciste Milo Yiannopoulos (suprémaciste blanc), un membre des IWW (confédération syndicaliste révolutionnaire) a reçu une balle à bout portant. Ci-dessous la traduction de l’appel de fond pour lui payer les soins et les probables frais de justice.

Le Comité de Rédaction du Monde Libertaire

Dans la soirée du vendredi 20 janvier, un de nos compagnons a été blessé d’une balle dans l’estomac dans le lieu le plus public du campus de l’Université de Washington à Seattle – un endroit appelé «Place Rouge» pour la couleur de ses briques plutôt que pour sa politique.

Ce fellow workers (c’est ainsi que les membres de l’IWW se désignent entre eux) est un militant anti-fasciste actif de longue date, membre des Industrial Workers of the World (IWW) et du Comité de Défense Générale (GDC) de l’IWW. Il est actuellement dans un état critique à Harborview Hospital à Seattle. Ils ont un centre de traumatisme de niveau 1, donc il est probable qu’il reçoive la meilleure qualité de soins disponibles, ce pour quoi nous sommes profondément reconnaissants.

Comment réagissons-nous ? Nous construisons une présence anti-autoritaire, anti-capitaliste, antiraciste, anti-sexiste et antifasciste élargie à Seattle, et cette personne était à la tête de cet effort. Est-ce que d’autres sont prêts à s’avancer et à le remplacer pendant qu’il guérit ?

Nous n’avons pas beaucoup de temps pour montrer au monde ce qui est clair pour nous : nous subissons une attaque armée. La droite fasciste sait où nous trouver – les manifestations anti-Donald Trump, ou les actions contre la brutalité policière. Dans les Villes Jumelles [Minneapolis et Saint-Paul] vient de commencer le procès d’Allen Scarsella, un des suprématistes blancs qui s’est rendu à la quatrième circonscription à Minneapolis en novembre 2015 et a ouvert le feu, tirant sur de nombreuses personnes.
Nous n’avons pas la confirmation que la personne qui a tiré sur notre compagnon était un contre-manifestant en colère contre ceux qui protestaient contre la détestable misogynie blanche nationaliste de Milo. Nous savons qu’il s’est rendu lui-même à la police plusieurs heures plus tard, en revendiquant la « légitime défense ». C’est bien sûr exactement ce que Scarsella a également fait.

Notre ami aura d’énormes frais d’hôpital et sans aucun doute des frais juridiques aussi. Il subira également une perte importante de revenus. Soutenons-le afin qu’il n’ait pas à s’inquiéter de ce genre de problème. S’il vous plaît donnez. Tout l’argent sera contrôlé directement et rien ne sera attribué à aucune autre cause, à l’exception des frais associés au service de collecte de fonds utilisés.

S’il vous plaît ne vous contentez pas de donner ; dites à vos amis, à vos familles et à vos organisations de donner. Cela peut sembler décourageant, mais voici pourquoi ils devraient le faire :
Il ne s’agit pas seulement d’un individu. Vos amis et vos familles savent que la situation a radicalement changé. Ils savent que les choses changent rapidement, et ils ont beaucoup entendu le mot fascisme depuis que Trump a été élu. Ils peuvent même soupçonner que le rythme effréné des révélations médiatiques et des décisions de l’exécutif vise à les distraire et à les faire se sentir impuissants.

Il s’agit de protéger ceux qui se sont déjà mis en avant pour nous protéger. Ceux qui se sont organisés pour nous et qui se sont engagés avant même Donald Trump ait été élu. Il s’agit de les protéger. Il s’agit d’encourager NOTRE côté à s’organiser pour se protéger, plutôt que de simplement solliciter la protection contre les fascistes et les racistes. Dont certains sont maintenant au pouvoir.

Nous devons leur assurer un soutien généralisé, et nous devons le faire au nom de l’anti-fascisme organisé. Nous devons démontrer que, indépendamment de notre propre analyse politique ou de notre identité – progressiste, libérale, de gauche, radicale, etc. – nous soutenons l’antifascisme et nous soutenons les antifascistes. Nous ne laisserons pas les nôtres en arrière. Nous soutiendrons les efforts antifascistes, surtout parce qu’ils sont plus nécessaires que jamais, et parce que ne pas les soutenir en ce moment crucial serait une catastrophe.

Merci de lire cet appel jusqu’au bout. Il est difficile d’entendre qu’un compagnon a été blessé par balle. Nous n’avons peut-être pas tout exprimé de la manière la plus organisée ou la meilleure, et si tel est le cas, veuillez accepter nos excuses.
Nous espérons que vous envisagerez de faire une contribution et peut-être écrire des lettres ou d’appeler le président de l’Université de Washington en exprimant votre soutien à la victime de la fusillade et aux manifestants, en exprimant vos critiques à l’égard de l’administration de l’Université Washington qui a autorisé un événement dont elle savait qu’il allait encourager la violence contre les groupes minoritaires. Maintenant, ils ont obtenu ce qu’ils auraient dû prévoir. Appelez ou écrivez au procureur du comté et exigez des poursuites agressives. Appelez les conseillers municipaux de Seattle et demandez-leur de publier une déclaration publique de condamnation des attaques violentes contre des manifestants antiracistes et antifascistes, et demandez-leur de soutenir notre compagnon.

Dites la vérité à vos voisins. Changez le récit que les médias vont essayer de vous présenter.

gdc

SOURCE : https://www.crowdrise.com/medical-fundraiser-for-iww-and-gdc-member-shot-in-seattle

Traduction par le Monde Libertaire:
http://monde-libertaire.net/?article=Un_militant_des_IWW_blesse_par_balle_dun_coup_de_revolver_a_Seattle