Secrets of a Successful Organizer, le parfait guide de l’organisateur et de l’organisatrice syndicale!

Impossible de parler de Secret of a Succesful Organizer sans d’abord mentionner Labor Notes, l’organisation qui l’a publié. Labor Notes est un mouvement qui, depuis 1979, rassemble des militant.e.s syndicaux, dans le but de remettre le « mouvement » dans « mouvement ouvrier ». Publiant des manuels divers et organisant des conférences et des formations visant à renouveler le syndicalisme par une pratique axée sur le « rank and file ». On retrouve d’ailleurs tous leurs livres dans la section sur les origines du syndicalisme de solidarité sur le site de l’IWW

Secret of a Succesfull Organizer est d’ailleurs le petit dernier de Labor Notes. Il vise à créer une synthèse des livres et manuels précédents. Bien que faisant 265 pages, une importante proportion de l’espace est consacré à des images ou laissé « vide » entre deux leçons pour bien séparer les idées et ainsi en simplifier la lecture.

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Vie de Wobblies: Comment je suis devenue membre des IWW.

Quand on m’a demandé si je pouvais écrire un témoignage pour raconter mon parcours avec l’IWW, ma première réponse a été « Haha, j’ai rencontré un gars sur Tinder pis c’est comme ça que j’ai découvert l’IWW ». C’est ridicule parce que c’est vrai, mais c’est quand même une plus longue histoire que ça.

Il y a 2 ans, je m’impliquais avec mon asso étudiante et je m’embarquais dans un recours collectif contre la police de Québec. Il y a 2 ans aussi, je traînais sans espoir sur Tinder quand j’ai rencontré quelqu’un de bien. Et il se trouve que ce quelqu’un est membre de l’IWW… Eh oui, c’est comme ça que j’ai découvert le syndicat. Même pas dans des manifs, même pas par les actions, même pas par son organisation syndicale, juste par un drôle de hasard.

On s’entend qu’à ce moment-là, j’avais pas beaucoup d’expérience au niveau du militantisme. Quelques manifs, une souricière brutale, 2 semaines de grève, présence sur l’exécutif de mon asso… Ça se résume à ça, je crois. Mais j’étais déjà tannée du militantisme étudiant, de ses contraintes et surtout, de l’impossibilité d’établir des vrais projets à long terme : les gens viennent faire leur bacc puis disparaissent, alors on doit tisser des liens rapidement, travailler au jour le jour. Ça a ses avantages, mais pour une personne introvertie comme moi, qui a besoin de prendre son temps avec les nouvelles personnes, c’est des contraintes difficiles à surmonter. J’étais rendue à un moment dans ma vie où j’avais envie de m’impliquer de façon plus durable, mais je voyais pas beaucoup d’options ; c’est précisément à ce moment -jolie coïncidence- que j’ai découvert l’IWW.

On pourrait maintenant croire qu’après avoir découvert le syndicat, j’aurais pris ma carte tout de suite. De ce que j’avais pu voir en manif, et de ce que j’en avais entendu, ça avait l’air d’une grande famille de gens qui se tiennent les coudes serrés ; ça donne envie de les rejoindre, non? Oui, mais en même temps, c’est justement ce qui fait que ça m’a pris autant de temps avant de prendre ma décision. Comment moi, qui ne connaissais pratiquement personne du groupe, qui n’avais presque jamais participé à des actions directes, qui ne se croyait pas à la hauteur, j’allais réussir à faire ma place là-dedans? Eh bien, ça l’air que j’y suis arrivée. J’ai pris ma carte et me voilà, un an plus tard, à être impliquée dans 3 comités et secrétaire d’un d’entre eux, à être déléguée, à avoir donné 2 formations d’introduction à l’IWW et à écrire un article pour notre blog. À toutes les personnes trop timides pour faire le premier pas : vous ne perdez rien à essayer, y’a personne qui va vous manger.

Et puis la grande question : pourquoi j’ai fini par autant accrocher à ce groupe-là? Il y a mille réponses à ça, mais je trouve que le syndicat incarne des valeurs que je partage et que j’ai jamais vraiment eu l’occasion d’exprimer. J’ai une formation en travail social et ça fait des années que j’occupe des jobs dans le service à la clientèle ; après un moment, j’ai fini par réaliser que la précarité et la souffrance que vivent les gens qui travaillent en relation d’aide, que la pauvreté dans laquelle se démène la majorité des personnes autour de moi… ça ne peut pas durer. C’est pas normal qu’on doive vivre comme ça, je peux pas croire qu’il existe aucun moyen de s’en sortir. On en parle entre collègues, oui, on s’en plaint, mais pour plusieurs raisons on ne trouve jamais les moyens de s’attaquer au problème. Ce que je crois avoir trouvé avec l’IWW, c’est un bon point de départ pour faire ça.

Déjà, d’avoir un espace pour parler de ces problèmes-là et mettre en commun nos expériences, au lieu de nous dire qu’il y a pire et qu’on devrait se la fermer. Puis découvrir ce qui s’est fait ailleurs, ce qui motive les autres personnes, ce qu’on pourrait faire ; il y a une foule d’actions possibles pour parvenir à nos fins, des appels téléphoniques aux occupations, en passant par les manifs et les ateliers de discussion. Il n’y a pas que la grève pour venir à bout d’un conflit de travail : la créativité et la solidarité peuvent -et vont- nous mener loin.

Et pour finir sur une note cute, c’est toute cette implication qui m’a fait découvrir un monde de possibilités et de personnes extraordinaires, en plus de m’avoir donné un solide boost de confiance en moi. Oui, parce que j’assume des responsabilités et que les gens me font confiance, mais aussi parce que je me rends compte aujourd’hui que j’ai réussi à me créer un réseau dans une nouvelle ville, dans un groupe que j’ai choisi et qui représente mes idées. J’ai aussi appris ce que c’était, la solidarité. J’ai trouvé l’engagement militant qui me convient ; un engagement actif, continuel, plus centré sur l’action dans le présent que sur le respect à tout prix d’une idéologie. On fait quelque chose ensemble, et ça, ça n’a pas de prix. Il s’agit de cesser d’être passifs face au monde et ensemble, de commencer à y prendre activement notre place.

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Lettre de l’éditrice sortante de l’Industrial Worker

Après 8 ans de loyaux services au poste d’éditrice du journal l’Industrial Worker (IW), la fellow worker Diane Krauthamer décida à l’automne 2016 de ne pas se représenter et de laisser la place à quelqu’un.e d’autre. Nous vous retranscrivons ici la lettre qu’elle a fait paraître dans la dernière édition de l’IW et la remercions chaleureusement pour tout ce qu’elle a fait. Nous profitons aussi de ces quelques lignes pour souhaiter la meilleure des chances à la fellow worker Roberta McNair, élue à majorité au référendum international pour le poste d’éditrice de l’IW pour le mandat 2017.


Fellow workers,
Après 8 merveilleuses années, cela aura été est mon dernier numéro en tant qu’éditrice de l’Industrial Worker. Bien que j’aie l’intention de continuer à travailler sur cette publication sur une base volontaire, je démissionne de ma position d’éditrice de l’Industrial Worker à la fin de 2016. Un-e autre camarade à être élu.e prendra ma place.

Lorsque j’ai commencé cet emploi au début 2009, je n’avais pas beaucoup d’expérience avec l’IWW. À cette époque, je vivais à New-York, aidant avec la section locale au soutien 
du Syndicat des travailleurs et travailleuses de Starbucks et des campagnes d’organisation dans les entrepôts alimentaires de Brooklyn et du Queens. Ma connaissance et mon expérience avec les Wobblies du monde entier étaient plutôt limitées.

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Diane Krauthamer, éditrice de l’Industrial Worker.

En devenant éditrice de l’IW, j’ai eu le plaisir d’échanger des histoires avec des centaines de camarades du monde entier, de gens travaillant dans diverses industries, occupant différentes fonctions et militant pour plusieurs causes axées sur le travail. Même si nos communications ne se résumaient qu’en quelques échanges courriel, c’était exaltant pour moi d’apprendre sur les différents projets, campagnes, événements, victoires d’organisation, expériences, opinions, et idées de chaque personne. Malgré des revers et des épisodes de surmenages occasionnels, j’ai toujours trouvé la motivation pour poursuivre mon travail sur l’IW et mon implication avec le syndicat a été un succès. Mon implication avec l’IWW continue d’être inspirée par les innombrables fellow workers qui gardent vivant le momentum de notre syndicat. J’aurais abandonné il y a longtemps si ce n’était pas de vous.

Bien que mon travail sur le journal soit bientôt terminé (pour l’instant), mon travail pour le syndicat est loin de l’être. Ma première priorité est de bâtir et de renforcer l’IWW. Au cours des années, j’en suis venue à réaliser que n’importe quelle tentative est futile à moins que nous nous battions contre toute forme de discrimination dans le processus. Et ceci est impératif si nous voulons voir croître notre force. Comme certain.es d’entre vous se souviennent peut-être, au fil des années passées, au travers de mon travail éditorial, j’ai encouragé les débats ouverts sur ces problèmes. Personnellement, je crois que le plus gros obstacle à la croissance de l’IWW est le sexisme, et je ne crois pas qu’agir comme si le problème n’existait pas va le résoudre. L’IW est la publication officielle de l’IWW, et en tant que tel, je crois que ça devrait être la mission de cette publication d’encourager la poursuite du dialogue qui peut nous aider à travailler sur ces problèmes complexes.

J’ai choisi d’inclure ces discussions dans les pages de lIndustrial Worker pour cette raison précise. Si nous sommes honnêtes sur qui nous sommes, nous devons être honnêtes sur comment nous pouvons nous améliorer. Les membres potentiel.les vont voir cela et vont vouloir se joindre à une organisation qui reconnait ses problèmes et travaille à les résoudre. Les ancien.nes membres pourraient même revenir dans l’organisation s’il.les voient que nous nous battons ouvertement contre une culture patriarcale à l’interne. Les membres actuel.les peuvent être contrarié.es à propos de l’opinion d’une personne, mais il.les peuvent aussi répondre et voir leurs opinions publiées, et c’est ce qui rend le dialogue efficace. De l’autre côté, les patron.nes qui lisent l’IW, ne sauront pas quoi faire face à une organisation aussi forte.

Alors que je passe le flambeau au prochain éditeur ou la prochaine éditrice de l’IW, j’encourage cette personne à incorporer une mission éditoriale semblable dans son travail au journal, tout comme je l’ai fait avec le mien. Pendant ce temps, je vais continuer de bâtir un syndicat plus fort et plus inclusif. Mes buts demeurent les mêmes, quelle que soit ma position. 

J’espère que mon travail à l’Industrial Worker vous aura inspiré, car le vôtre m’a très certainement inspiré.

En solidarité,

Diane Krauthamer

Éditrice de l’Industrial Worker.

 

 

Paru en version originale anglaise dans l’édition de l’automne 2016  de l’Industrial Worker, #1777 Volume 113 No.4. Traduction par Pierre-Luc G et correction par Coline G.

Des propriétaires d’entreprises chez les I.W.W. ?!?

Un complément de réflexion à l’article intitulé « être syndiqué IWW et travailleuse autonome » .

Il est vrai que le I.W.W. syndique tout le monde sauf les représentants de l’autorité étatique (policiers, magistrats etc) et les personnes en situation de pouvoir autoritaire sur d’autres travailleurs-euses ci-après nommés …les boss! Les employeurs en tant que propriétaire d’entreprise et leurs laquais que sont les gérants et autres cadres qui font ,selon ma compréhension, partie de la catégorie des « boss ».

Or qu’est-ce qu’un « travailleur autonome » ? N’est-ce pas un propriétaire d’entreprise ? N.. oui : Si on s’en tient uniquement à la définition que nous en donne l’économie libérale. Ce serait le cas à en juger par cette définition donnée sur le site éduca-Loi :

« En fait, le travailleur autonome et l’entreprise individuelle ne font qu’un, c’est-à-dire que le travailleur autonome exploite une entreprise et que cette entreprise est le résultat de son propre travail. Puisque l’on ne peut pas dire que le travailleur autonome est lui-même une « forme d’entreprise », on dit plutôt qu’il exploite une « entreprise individuelle» dont il est l’unique propriétaire. »

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Retour sur la Formation d’Organisation 101

Les 8 et 9 octobre derniers, le SITT-IWW Montréal a profité de la longue fin de semaine de l’action de grâce pour donner à une douzaine de ses membres une formation d’OT-101 (entraînement d’organisateur / organisatrice 101) en anglais à son local sur la rue Brébeuf, à Montréal.

La formation d’une durée de deux jours fut donnée par un organisateur des États-Unis et une organisatrice de l’Ontario, choisi-e-s de branches provenant de l’extérieur du Québec et ce, pour leur grande expérience. Ce choix permit aux quelques 12 personnes présentes de bénéficier non seulement d’une formation qui existe depuis longtemps et dont l’efficacité n’est plus à démontrer, mais aussi de l’expérience du formateur et de la formatrice qui fut très appréciée des participants et des participantes.
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Témoignage d’un.e membre de l’IWW Québec pour la journée internationale pour l’élimination de la pauvreté.

Voici un témoignage d’un.e membre de l’IWW-Québec:

«En cette journée Internationale pour l’élimination de la pauvreté, je ne peux que ressentir une profonde solidarité de classe envers celles et ceux faisant les frais des puissants. Provenant moi-même d’un milieu pauvre, je ressens depuis toujours dans mon corps et mon esprit le poids d’avoir à lutter contre les ravages et les traumatismes hérités de cette forme de violence : la violence économique. Selon moi, la pauvreté n’est pas une fatalité sortie tout droit de la nature, elle est planifiée par l’élite économique afin que ceux-ci conservent leurs privilèges et nous avons le pouvoir de la faire cesser.

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Être syndiquée IWW et être travailleuse autonome…

J’ai entendu à plusieurs reprises des questionnements sur l’enrôlement de travailleurs ou travailleuses autonomes au sein du IWW et j’aimerai y répondre en partie ici.

De 1, le IWW syndique tout le monde (sauf les patrons entre autres), autant les itinérant-e-s, que les prisonnier-e-s ou travailleurs et travailleuses du sexe que des étudiant-e-s ou chômeurs et chômeuses ou gen-t-es sur le bien-être social ou même encore toute personne travaillant dans une industrie particulière. Alors pourquoi pas les autonomes aussi. Ce sont, au final, des employé-e-s du système aussi.
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